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L'Odeur des planches

mise en espace Richard Brunel

:Quelques extraits

« Mon père nous a conduits à l’hôtel. Le paradis, ça s’appelait, tenu par un Kabyle qui n’avait plus ses dents de devant. Des chambres sur trois étages. Le paradis. Il nous en promettait avec un nom pareil. (…) A tous les étages du Paradis il y avait des étrangers, des noirs et des arabes, solitaires ou en famille, imbibés d’huile à frire et de blabla. Et puis ça sentait les tripes. Une puanteur. C’est pas cher les tripes, moins que le boeuf ou l’agneau. Ma mère disait que l’odeur lui renversait le coeur. Renverser le coeur elle disait, comme si c’était possible »

« La première fois que mes parents me voient sur scène, j’ai trente ans. A la fin du spectacle ils m’attendent dans le hall. Ils portent des habits neufs. Mon père se jette sur moi et me lance sur le ton de la plaisanterie, Heureusement qu’on n’a pas payé, hein ! A l’oreille ma mère me glisse d’une voix suave que je ne lui connais : Tu étais formidable… Elle a dû entendre ça dans les feux de l’amour, de la bouche de Sharon ou d’Ashley Abbott. Elle joue la comédie, rien de grave à ça. »

« Femme de ménage, le seul métier qui donne droit au don d’invisibilité. Ceux qui nous emploient commencent par oublier qu’on doit venir, et puis un jour on devient totalement transparente. Une évidence sans corps, sans visage, sans voix. Une présence vide. Dans le meilleur des cas, un prolongement des lieux »

« Suis encore comédienne, ou n’en suis-je plus que l’ombre ? Une comédienne qui ne joue pas peut-elle encore prétendre au titre ? Suis-je suspendue de mes fonctions ou suis-je déjà une autre ? Suis-je devenue ma mère ? Suis-je en sursis, ou bien ai-je pris perpète ? Je songe parfois à l’idée de me noyer »

« L’odeur des planches. Cette odeur si particulière, si indissociable de ma vie d’avant, si chargée de souvenirs et d’émotion me fait monter les larmes aux yeux. « L’odeur reste longtemps à attendre sur la ruine de tout le reste… » »

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