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Juste la fin du monde

+ d'infos sur le texte de Jean-Luc Lagarce
mise en scène Cédric Revollon

:Note d'intentions de Cédric Revollon

Le langage au scalpel. Hachurer la pensée, l’étiqueter par les mots, pour les maux..
La maladie, le mal à dire..
Et la famille, le devoir d’aimer, la culpabilité de ne plus le devoir..
Admettre son irrémédiable solitude et la vivre, égoï stement, jusqu’au bout.

Il est celui-la, Louis..
Celui qu’on redoute car on ne le connaît pas, celui qu’on respecte car il est l’aîné, celui qu’on protège car on veut qu’il reste, celui qui nous corrige parce qu’on faute en grammaire, celui qu’on ne veut plus, qu’on ne voudrait pas car il nous détruit mais qu’on aime tout de même car c’est ainsi. Mettre en scène le merveilleux de nos petites vies c’est ici fouiller l’extraordinaire de notre quotidien au-delà des lieux communs, par le rythme, le mouvement, le symbolique, et la langue de Jean-Luc Lagarce. Il s’agira de ne pas brider l’imaginaire du spectateur en lui imposant un réalisme figuratif qui le rendrait passif, mais de lui ouvrir des voies vers l’onirique au travers de métaphores, en montrant ces moments où l’on sent son âme se mouvoir, où les vagues de l’émotion nous submergent, où nous saute aux yeux la Vérité d’un instant que l’on grave aussitôt dans nos mémoires comme on garde précieusement un vieux cliché jauni.

L’écriture de Jean-Luc Lagarce est d’une précision d’orfèvre, d’une clarté cristalline. Cependant, pour les personnages, ce qui est dit même avec limpidité ne reflète jamais véritablement la force de leur ressenti, et leur langage devient alors paradoxalement un obstacle au partage de leurs sentiments et de leurs émotions, un emballage odieux pour un cadeau sublime..
Cette oeuvre est une partition exceptionnelle et l’écriture formelle de Jean-Luc Lagarce est une passerelle qui permet aux acteurs de déployer toutes leur sensibilité et leur générosité par le biais d’un langage qui se doit de s’éloigner de tout naturalisme, favorisant avant tout l’expression poétique et celle des gammes de l’âme humaine.

C’est ce portrait de famille que je veux peindre, montrer la violence d’une fratrie ou celle de ne pas en être, la pelote des sentiments humains si difficile à démêler parfois, l’inexorable lien à un clan que l’on ne choisit pas…

Pour ce travail j’ai choisi les miens, cette équipe, pour leur ferveur, leur générosité et leur liberté à se laisser jouer de tous les accidents et les inattendus qui sont, sur un plateau comme dans la vie, d’immenses cadeaux…

Cédric Revollon

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