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Je meurs comme un pays

mise en scène Michael Marmarinos

Distribution

"Tant de choses dans le coeur des hommes"

...Vlassòpoulos supprima Apostòpoulos, Constantinìdis supprima Matthèou et ses frères, A. Melas supprima D. Melas, Simeònoglou supprima Yatrou et ses fils, B. Notaras supprima P. Notaras et E. Notaras..., les prédictions les plus sombres des médiums commencèrent à se réaliser, dans toutes les bibliothèques les dialogues platoniciens disparurent, (...) dans les morceaux de musique on n'entendait plus jamais de violon, les projecteurs de cinéma ne laissaient plus passer la lumière, (...) les romans se réduisirent à leurs dialogues et les pièces de théâtre à leurs didascalies, (...) les diagnostics des médecins se révélaient toujours faux, (...) des cimetières entiers partirent dans les airs comme des nuées d’oiseaux, phosphorescents, des hommes couraient les rues en riant sans cesse comme on rit dans son sommeil, et une lumière pleine de douleur et d'amour inemployé planait en permanence au-dessus de toutes les maisons, donnant au paysage entier l'allure d'un visage crispé de jeune fille qui, voulant sauter la barrière de sa virginité mais craignant le contact avec l'homme, enfonce avec la rage incontrôlée du désespoir une barre de fer dans son sexe en hurlant "mon Dieu, mon Dieu", tournant la tête comme une perdrix vers le ciel, mêlant les deux extrémités de la vie bouillonnante, embaumée, de son sang. Car il s'était accumulé tant de choses dans le coeur des hommes, que les coeurs ne parvenaient plus à tout contenir.

Extrait de Je meurs comme un pays
(trad. Michel Volkovitch, Les Solitaires Intempestifs, 2005, pp. 34-35)

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"Je meurs comme un pays", extrait vidéo