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Incendies

+ d'infos sur le texte de Wajdi Mouawad
mise en scène Stanislas Nordey

:Recherche de vérité

par Stanislas Nordey

Il y a une multiplicité de lieux dans Incendies. L'intrigue démarre dans le bureau d'un notaire, et se termine au tribunal pénal international ; entretemps nous passons par la scène d'un théâtre, un couloir d'hôpital, un orphelinat désert, une prison, un amphithéâtre d'université, une salle de boxe, un cimetière, un poste frontière…
Le théâtre de Wajdi Mouawad est un théâtre de l'intime aux formes épiques, il brasse l'histoire avec un grand H et les histoires de vie d'êtres humains lancés malgré eux dans le tourbillon des haines, des guerres.
Les personnages sont en quête perpétuelle de leurs origines et ce n'est sans doute pas un hasard si l'homme qui écrit ces récits est né au Liban puis déplacé en France puis redéplacé au Québec où il écrit Incendies.
La guerre est en toile de fond de ces morceaux de vie contés ici. Une guerre comme tant d'autres qui ressemble à celles que nous voyons à travers le prisme des écrans de nos téléviseurs mais aussi une guerre immémoriale telle que pouvait la raconter Thucydide ou Xénophon.
Incendies suit le destin d'une femme, Nawal, prise dans les rets d'un conflit qu'elle n'a pas choisi et qui, pour retrouver son enfant disparu, va aller au bout de l'absurde horreur de ces déchirements sans fin qui rythment l'histoire du monde.
De 20 à 60 ans, de l'enfantement à la mort elle tente de donner sens et d'accomplir ce geste de perpétuer la vie en dépit de tout et de tous.
Au bout du chemin l'impensable, au milieu du chemin le viol, l'inceste, la torture, le terrorisme, au début du chemin l'amour, la naissance, les trésors de l'enfance.
Histoire de Nawal certes mais aussi histoire de ses enfants nés sous le feu et à la recherche de la vérité de cette mère qui leur a caché leur origine.
Personne ne ressort indemne de la vérité mise à jour mais l'espoir renait car chacun peut alors regarder sa propre histoire dans les yeux. Sans voile. Sans filtre. A nu.
Du théâtre cru, joyeux, désespéré.
Wajdi Mouawad écrit le souffle, l'essoufflement, les brûlures et les incendies de ces vies. Les chemins se croisent, vivants et morts sont amenés à se passer le flambeau, à croiser le fer de la mémoire.
Pour vaincre l'oubli.

Stanislas Nordey

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