Présentation - Indra - Silvano Voltolina, - mise en scène Silvano Voltolina, - theatre-contemporain.net

:Présentation

Spectacle en italien surtitré en français

Indra est une adaptation du texte Le songe d'August Strindberg avec 5 comédiens français et italiens ainsi qu'un castelet de marionnettes à gaine.

Mon travail se centre sur des divinités - le dieu Indra et sa fille – que j'ai choisi de mettre au centre de ma lecture d'August Strindberg. Mon cheminement commence ici, entre texte et matière – dans un esprit fidèle à l'auteur et à la logique du rêve.

Une nouvelle lecture du songe

Ainsi Indra s'apparente à nouvelle lecture du texte Le Songe.
Ici, à l'inverse de l'oeuvre de Strindberg, où la figure d'Indra disparaît à l'issue de la première scène, notre version du drame ne perd jamais de vue ce personnage. Il reste ainsi au centre de la pièce, comme générateur et observateur du monde que sa fille va découvrir, à savoir la terre des hommes traversée comme dans un rêve, une fantaisie à l'issue douloureuse.

J'envisage un parallèle immédiat entre Indra et August Strindberg car Le Songe est purement autobiographique. C'est la réalisation d'une profonde mise en abîme : chaque scène, chaque élément narratif provient de la manière transfigurée de voir la réalité, à la manière d'un processus alchimique. Strindberg s'était fait plaquer par sa femme (enceinte), lorsqu'il commença à écrire cette histoire d'une fille qui quitte les hauteurs célestes de son père. La figure de cette enfant égarée dans la souillure terrestre a été interprétée pour la première fois au théâtre par Harriett Bosse, mère d'Anne-Marie (la fille perdue de Strindberg).
Dans son œuvre, Strindberg crée souvent un alter ego pour raconter sa vie – ou mieux, sa compréhension changeante de la vie, en assumant des moments autobiographiques en termes de comparaison.

Un voyage initiatique

Dans l’œuvre originale, il est question de liberté, mais également d'un rapport à la tradition et aux mythes ici déployés tout au long de la traversée terrestre de la fille d'Indra telle l'empreinte d'une agitation qui ne connaîtra d'autre issue que la dégradation et la déroute.
Tandis que son père ne se détache pas de sa nature propre (à savoir celle du combattant, du buveur, du générateur) , la jeune femme s'incarne en mettant le pied sur terre. Différente des individus qu'elle rencontre sur sa route, elle partage néanmoins leur vie dans un théâtre de guignols. Un théâtre aux contours explosés car le sens onirique du voyage nous conduira à démanteler notre castelet pour jouer avec l'espace. Dans cette perspective, les hommes dont la fille d'Indra découvre les souffrances sont des objets dont elle se sert, de véritables pantins.
Enfin, tout au long de son périple, elle doit faire face à des situations figées et oppressantes, véritables leitmotivs qui engendrent au passage des effets comiques voire de l'humour noir. La fille d'Indra part à la découverte d'enjeux tels que la liberté, le contact avec l'Autre (celui qui est de nature différente), a priori pour assumer sa propre nature.

Entre humain et divin

Le Songe adopte un procédé semblable à un jeu de poupées russes entre les différentes identités présentes sur scène : l'acteur interprète un dieu ; le dieu se manifeste à travers le poète ; l'acteur joue l'écrivain qui incarne l'absolu divin. Toutes ces dimensions coexistent et constituent les thèmes du spectacle : le rapport d'engendrement entre l'humain et le divin, entre réel et fiction, entre ombre et lumière.

Qui génère qui ? Qui donne la mort à qui ? Autant de questions qui demeurent suspendues...
Tandis que la fille d'Indra s'en va par le monde à la découverte des hommes, tel un témoin privilégié de la trivialité humaine.

Les hommes sont à la fois créatures et créateurs des dieux.
 Il s'agit ici d'aller aux sources de leur création pour étudier la nature humaine.
Aller aux sources des rituels :
- Rituels qui utilisent le corps de l'homme comme instrument de communication avec le divin.

- Rituels qui se servent aussi de fétiches, bien sûr.

Silvano Voltolina

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