Ne plus afficher cette publicité - Je m'abonne - Je suis abonné(e)
Accueil de « Epilogue d'une trottoire »

Epilogue d'une trottoire

mise en scène Thierry Bedard

:Note d’intention

par Alain Kamal Martial

Ce dernier texte de la série des épilogues fait suite à l’Epilogue des noyés et à l’Epilogue des ventres. C’est sur les ombres silencieuses de nos trottoirs qu’une prostituée prend la parole comme dernier acte de révolte contre l’agression qui lui est faite.

La prostituée prend la parole, elle dit une parole prostituée, parole de l’ombre, parole des faubourgs, parole exclue parce que parole du désordre, de l’informel, magma de mots qui font irruption à ce lieu de non parole, lieu des silences criants pour interroger la manière dont causerait celles des trottoirs, celles bousculées, lapidées, en état de tension maximale, état de tonnerre, état de viande commercialisée, quelle parole peut être celle des kilos de chair vendue, les kilos de chair en situation de survie, la force de survie inscrite dans des kilos de chair qui se battent dans l’ombre des trottoirs.

La prostituée s’impose le devoir de nommer sa chair femelle qu’elle vend sans omettre le moindre gramme, elle est elle-même la trottoire à dire, chaque morceau de son corps, chaque fragment de sa chair doit devenir une parole, chair de travail, chair de survie, chair-de-révolte, chair-soi, chair-l’autre, chair-être, chair-douleur, chair-plaisir, chair-de-vie-de-la-chair-de-femme-violentée qu’elle recompose sur son trottoir...

Alain Kamal Martial

imprimer en PDF - Télécharger en PDF

Ces fonctionnalités sont réservées aux abonnés
Déjà abonné, Je suis abonné(e) Voir un exemple Je m'abonne

Ces documents sont à votre disposition pour un usage privé.
Si vous souhaitez utiliser des contenus, vous devez prendre contact avec la structure ou l'auteur qui a mis à disposition le document pour en vérifier les conditions d'utilisation.