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Dieu, qu'ils étaient lourds... !

Ludovic Longelin (Conception), Louis-Ferdinand Céline (Texte)


:La naissance du spectacle

L’année 2007 a vu la première édition, à Boulogne sur Mer, d’une manifestation : « 2007 boulevard Sainte-Beuve », Rencontre de la Critique et de la Culture. Né à Boulogne sur Mer, Sainte-Beuve a jeté les fondements de ce qui deviendra la discipline reine du XXème siècle : la critique !

Ces rencontres créées ont pour objectif de croiser les publics, de briser les spécialisations et de mettre en danger chaque participant – artistes, intervenants, spectateurs. D’où l’idée d’une confrontation avec l’un des derniers textes de Louis-Ferdinand Céline : Les Entretiens avec le Professeur Y. Le texte est âpre, marqué par son époque, facilement haïssable et tout autant fascinant. Polémique ou critique, Céline saborde la modernité avec une vision sidérante.

Au-delà du texte, il fallait créer un espace où se cognent les séductions et les haines. J’ai alors demandé à Ludovic Longelin de préparer un spectacle sur les Entretiens. Puis, je lui ai demandé de travailler avec son ami, le comédien Marc-Henri Lamande. De son côté, le comédien se nourrissait des oeuvres de Céline, ayant été invité au sein-même de la Société d’Etudes Céliniennes à l’Abbaye d’Ardenne près de Caen. Du sien, Ludovic Longelin se heurta aux contraintes imposées par la commande, sans forcément y trouver son compte.
Deux mois avant la création, Longelin me demanda s’il pouvait contourner les exigences, les dépasser. Mieux qu’une adaptation ou une interprétation des Entretiens, il proposait de nous coller nez à nez avec la matière célinienne, avec Céline lui-même.

Moins d’un mois avant la première, Ludovic Longelin « rendit sa copie » que Marc-Henri Lamande ingurgita rapidement. Le cahier des charges de BSB2007 imposait une création rapide, lors d’une brève résidence. Des atermoiements des premiers jours fusèrent à la fois les idées, les trouvailles, parfois le bruit dû à l’excitation de la création – puis il y eut une présence du texte qui ne quitta plus le plateau.

C’était fait : Dieu, qu’ils étaient lourds… ! était prêt.

La création laissa sans voix le public. Un silence profond, celui qu’on imagine dans une tête songeuse qui a décroché de la réalité pour entrer en dialogue avec elle-même, un silence profond tînt la salle pendant une dizaine de minutes. Je fus hélas contraint d’intervenir, de chercher des points critiques pour engager les festivaliers à en découdre – ce fut en vain que je me démenai, avec l’envie profonde de me taire. Que l’on m’eût envoyé des tomates n’eut pas été incongru : tout était dit dans le spectacle. Tout restait à vivre ensuite, individuellement. A la sortie, ce même public qui n’était pas fait d’habitués des théâtres demanda où serait rejoué Dieu, qu’ils étaient lourds… !

Cela n’avait pas été prévu.

Pierric Maelstaff

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