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Désobéir

mise en scène Julie Bérès

:Note d'intention

par Julie Berès

Chaque année, La Commune confie à des artistes le soin de concevoir en quelques semaines un spectacle en prise avec les problématiques sociologiques et politiques actuelles, pour réinventer « la tradition du théâtre comme art politique ». Pour répondre à cette invitation, nous sommes allés à la rencontre de jeunes femmes de la première, seconde et troisième générations issues de l’immigration pour questionner chacune sur son lien à la famille, la tradition, la religion, l’avenir.

Nous nous sommes emparés de leurs témoignages pour raconter leurs histoires à travers des fragments de pensées, de souvenirs, de soumissions conscientes ou inconscientes, de révoltes, de nostalgies curieuses... pour qu’inexorablement l’intime puisse se mêler à l’éminemment politique.

Le travail d’écriture de la pièce est intrinsèquement lié à la constitution du matériau de recherche : un travail minutieux, de longue haleine, de rencontres et de collecte de paroles de jeunes femmes venues pour la plupart de banlieue, nous permettant de toucher au plus sensible de la réalité en stéréoscopie, à l’envers du tableau officiel médiatique (L’association des femmes sans voiles d’Aubervilliers, La Brigade des mères de Sevran, Les élèves de l’option théâtre du lycée Le Corbusier d’Aubervilliers, l’association Mille Visages, le dispositif Premier Acte).

Il y a eu la rencontre déterminantes avec six jeunes femmes de moins de vingt cinq ans : Sophia Hocini, Sephora Pondi, Hatice Ozer, Hayet Darwich, Lou Bouziouane et Charmine Fariborzi et l’envie profonde de travailler avec elles. Chacune des jeunes femmes a nourri l’écriture du spectacle en apportant sa propre histoire et à travers elle, celle de ses parents. Nous aimerions faire entendre la façon dont ces jeunes femmes empoignent leurs vies, dans un monde souvent violent où il faut lutter pour tracer sa route.

Nous souhaiterions dessiner une carte de la violence par un voyage non exhaustif. À l’écoute de ces voix de femmes dont la culture française se mêle à celles de Kabylie, du Maroc, de l’Iran.
À travers leurs témoignages, s’entrecroisent des bribes d’aveux, de souvenirs contradictoires, d’évidentes soumissions, de nostalgies ambivalentes, de révoltes dans le désir de faire entendre, à travers les événements intimes et douloureux, les mythes et mythologies inconscients et collectifs.

S’y développent, je l’espère, des correspondances plus vastes, comme celle du féminin et de sa singulière trajectoire périphérique, de la double peine d’une génération aux prises avec la question de l’engagement, de la filiation, quand celle-ci, plus qu’un repère, devient un tourment.

Comment s’inventer soi-même ? Qu’est-ce qui fait bouger les lignes ? Qu’est-ce qui les fait trembler ? Dans quelle mesure a-t’on fait de certaines questions sociales des questions ethniques ?

Julie Berès

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