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Accueil de « Antigone »

:Le Spectacle

Le hors-champ

La pièce se situe dans un entre deux guerres.
Elle commence par la nouvelle (prématurée) de la victoire de Thèbes, et se termine sur le pressentiment de la reprise de la guerre.
C’est un moment d’un entre-deux, de suspension, de fragilité.
Et si fête il y a, pour fêter la victoire, c’est « Un festin pendant la peste », selon le titre de la pièce de Pouchkine, reprenant The city of the plague de John Wilson, comme peuvent l’être les fêtes des victoires au cours des dernières années, suivies par des guerres civiles ou des guerres tout court.
Si, comme le déclarait récemment le pape François, nous assistions à une 3ème guerre mondiale en morceaux, nous retrouvons dans Antigone ce que nous affrontons aujourd’hui.
Le climat de sociétés hésitantes entre un modèle sociétal qui a fait son temps et un monde en devenir encore à inventer.
Nous travaillerons sur l’Antigone de Sophocle, et sur l’Antigone de Brecht, inspirée de la traduction d’Hölderlin. Le montage entre ces deux textes s’enrichira d’une réécriture au plateau, en discussion avec les comédiens, discussion portée sur ce que la pièce et ses thématiques leur évoquent maintenant.
Notre lecture se portera sur les « hors champs » : quittant la trame habituelle de ce qui nous est donné à lire dans la pièce, pour nous intéresser à ce sans quoi la trame perdrait son épaisseur.
Notre Antigone sera une Antigone en négatif, une Antigone du « hors champ », là même où se fabrique l’histoire.

La Famille

Antigone vient de la famille des Labdacides, une famille tissée de liens incestueux, qui ne semble pas connaître l’autre, si ce n’est comme étranger, meurtrier, fauteur de troubles et de guerres.
Union auto-enfantante, auto-mutilation, cela dépend de la même famille, de la même main, comme si tout se réfléchissait en réciprocité, en miroir.
Un labyrinthe d’identifications et désidentifications.
L’histoire d’OEdipe et de Jocaste est présente dans la pièce sans être pour autant jamais formulée.
Antigone se tient dans la déliaison du destin familial, en s’opposant à la loi qui lui est imposée, ébranle ainsi tout un système, et entraine un engrenage qu’ils vont tous payer de leur vie. Elle répare la perte de ses siens en se créant son propre monde imaginaire, elle met fin à la malédiction familiale en mettant fin à la famille.
Lacan dit qu’elle se situe dans « L’entre deux morts ».

Le choeur

Nietzsche dans La naissance de la Tragédie évoque le choeur tragique comme le seul voyant, une sorte de miroir que l’homme dyonisiaque, désirant la vérité et la nature dans toute leur force, se tend à lui-même.
J’ai proposé aux Dakh Daughters, collectif de femmes comédiennes et musiciennes engagées, et représentant l’Ukraine d’aujourd’hui, de tenir le rôle du choeur et celui d’Antigone.
Chaque intervention du choeur sera réécrite avec elles, elles composeront des musiques originales, nous travaillerons sur la langue ukrainienne, son rythme, son énergie propre et adapterons le contenu du texte.
En France, le coryphée sera joué par Thibault Lacroix, et le texte sera surtitré en Français.

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