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Anioly w Ameryce (Angels in America)

+ d'infos sur le texte de Tony Kushner traduit par Jacek Poniedziałek

:Présentation

Spectacle en polonais surtitré en français.

C’est après une année d’études à la Sorbonne que le jeune étudiant en philosophie et en histoire de l’université de Cracovie Krzysztof Warlikowski décide de se consacrer plus particulièrement au théâtre. Avec l’effondrement du système socialiste, les artistes polonais sont amenés à repenser la place du théâtre dans la société en constatant la relative désaffection de la jeune génération pour le théâtre, ce dernier ne peut plus être le lieu ni de la contestation du pouvoir ni d’une réflexion sur l’histoire d’une Pologne officiellement libre. Krzysztof Warlikowski s’attache donc à s’interroger sur l’avenir de l’homme dans cette nouvelle société, faisant la part belle à la question de l’intime, de la spiritualité, de l’identité sexuelle. Traversant les œuvres de Shakespeare, Koltès, Kafka, Gombrowicz, Sarah Kane, Hanoch Levin, il tente aussi d’inventer de nouvelles formes de représentation pour le nouveau public polonais qu’il cherche à faire venir.
Parmi de nombreux prix, il a reçu le prix du Syndicat de la critique théâtrale pour Purifiés en 2002 et le prix Meyherhold du meilleur metteur en scène européen pour Kroum en 2006. Au Festival d’Avignon, Krzysztof Warlikowski a déjà présenté Hamlet en 2001, Purifiés en 2002 et Kroum en 2005. Il devait y présenter Le Dibbouk en 2003.

Né en 1956 dans une famille juive de Manhattan, Tony Kushner est devenu l’un des dramaturges les plus reconnus des États-Unis avant de connaître un succès international avec son drame Angels in America créé en 1991 à Los Angeles puis repris à Londres et au Festival d’Avignon en 1994 dans une mise en scène de Brigitte Jaques. Cette pièce deviendra un opéra dans une adaptation du compositeur hongrois Peter Eötvös en 2004. Il aura fallu cinq ans à Tony Kushner pour écrire cette pièce qui renoue avec la grande tradition dramaturgique américaine d’Eugene O’Neill mais qui est aussi influencée par le théâtre classique européen, Shakespeare, Goethe, Corneille et Brecht, que l’auteur a pratiqué en faisant des traductions ou des adaptations. Tony Kushner est aussi l’auteur de quatre livrets d’opéra et d’un scénario de film, Munich de Steven Spielberg. Il a participé à l’adaptation de Angels in America pour la télévision réalisée par Mike Nichols.

Krzysztof Warlikowski fait un théâtre pour ici et maintenant. Un théâtre pour ses contemporains à partir de ses propres questionnements, de ses propres colères, de ses propres désirs. Dans une Pologne, et plus généralement une Europe, où les minorités, quelles qu’elles soient, semblent devenir un danger pour des majorités hésitantes, troublées, peureuses qui veulent se rassurer, au mieux par des anathèmes ou des menaces, au pire par de la violence et des agressions, il s’empare d’une pièce américaine des années quatre-vingt pour faire entendre la parole de ceux qui doivent se cacher, se mentir à eux-mêmes et mentir aux autres, en l’occurrence certains de ces républicains conservateurs au moralisme de façade, qui se dissimulent jusqu’à en mourir, et ces malades qui errent entre culpabilité et honte. Avec Angels in America, c’est le sida qui devient le révélateur des peurs d’une société toute entière. Une société que Dieu a abandonnée pour partir en voyage, laissant aux anges le soin de gérer ce monde comme des fonctionnaires plus ou moins zélés, qui s’aident en prenant du valium. L’auteur Tony Kushner, dans cette pièce en deux épisodes (“Le Millénaire approche” et “Perestroïka”), utilise pour ses dialogues tous les registres du théâtre – comédie, tragédie, drame – pour parler de l’amour, du désir, du sexe et de la mort. Dépouillant la pièce de tous ses éléments scénographiques typiquement américains, privilégiant un décor unique changeant qui joue entre ombres et lumières, ce sont ces dialogues que Krzysztof Warlikowski met en scène, tous ces mots pour dire les mensonges, les déguisements, les non-dits, l’angoisse. Ces mots dont s’emparent des acteurs qui évitent toute caricature, toute fausse violence, mais qui utilisent le moindre geste pour donner à voir la gêne, la frustration, la peur mais aussi la tendresse ou le désir qui tend les corps. Quand le rire surgit, il est provoqué par la sincérité des paroles et des gestes, par l’humour terrible de ceux qui conversent avec la mort qui les frôle et non par la vision de personnages archétypaux figés dans les conventions. Privilégiant souvent l’adresse directe au public pour une réflexion collective sur le pardon et l’acceptation de soi, Krzysztof Warlikowski assume les contradictions et les pertes de sens d’un texte qui revendique la violence de l’amour quels qu’en soient les protagonistes, homosexuels ou hétérosexuels, nous demandant d’écouter attentivement ces personnages qui acceptent, plus ou moins facilement, de se dépouiller pour atteindre leur propre vérité.

JFP

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