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Jean Lambert-wild

France – Né(e) en 1972

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Présentation

Jean Lambert-wild est un homme de théâtre né le 22 septembre 1972 à l'île de La Réunion, de 2015 à 2021, il a dirigé le Théâtre de l'Union - Centre Dramatique National du Limousin et L'Académie de l'Union, École Supérieure Professionnelle de Théâtre du Limousin. Son père, éleveur, sera à l'origine de la création, en 1979 de la Sica Révia, coopérative agricole qui regroupe en 2012, 323 éleveurs de bœufs à La Réunion. Enfant, il vivra l’aventure de la création de cette coopérative comme une épopée initiatrice dont la mythologie reste présente dans nombre de ses écrits. Il ne rêve alors que "de mer, Conrad, et piraterie". Après plusieurs tentatives rocambolesques de quitter son île sans attendre sa majorité, il finit par rejoindre la métropole en 1990. Il débarque donc à Lyon et débute alors des études de philosophie qui le conduiront jusqu’en Licence à l’Université de Lyon III, où son professeur de latin André Arcellaschi l'encourage à monter des pièces de Plaute, Sénèque ou Gombrowicz. Alors qu’il s’apprêtait à passer le concours d’entrée de l’école de Marine Marchande, il assiste à une représentation des Trois sœurs de Tchekhov mise en scène par le metteur en scène allemand Matthias Langhoff, et réalise que le théâtre est le véritable espace de liberté qu’il recherchait.

Parcours artistique

Il fera son apprentissage du théâtre auprès de différents maîtres de la mise en scène : d’abord Michel Dubois qui lui ouvre, grâce à l’intérêt qu’il trouve à ses textes, les portes de la Comédie de Caen. D’apprenti, il deviendra progressivement assistant à la mise en scène, construisant ainsi progressivement les bases de sa grammaire théâtrale. Il sera ensuite assistant de Jean-Yves Lazennec, de Michel Simonot, de Philippe Goyard et surtout de Matthias Langhoff durant plusieurs années En 1990, il écrit et met en scène Grande Lessive de Printemps qui sera présentée au théâtre de l'Espace 44 à Lyon. Cette aventure marquera le début de la construction de son Hypogée, œuvre complexe qui jalonne sa vie.

Son Hypogée se compose de trois Confessions, trois Mélopées, trois Épopées, deux Exclusions, un Dithyrambe et 326 Calentures.
Au fil des ans et des œuvres, il constitue ainsi une autobiographie fantasmée qui irrigue son travail pour la scène dans le corpus de l’Ecmnésie, et des Calentures.

L'Ecmnésie regroupe les Confessions, les Mélopées et les Épopées de son Hypogée ainsi que ses autres projets qui sont autant de layons serpentant d'une marque à l'autre de son Hypogée.

Les Calentures quant à elles, sont des petites formes performatives allant de 15 à 45 minutes créées pour des occasions ou des lieux divers et variés (festivals, centres d’art contemporain, théâtres hors les murs, piscines municipales...) et qui interrogent l'espace théâtral. L'illusion et la magie y tiennent une place importante. Elles sont les fureurs poétiques tantôt burlesques, tantôt tragiques que traverse son clown en pyjama rayé.

À ce jour, une trentaine de Calentures (cf. liste des Calentures), 2 Confessions (Grande Lessive de printemps en 1990 et Crise de nerfs - Parlez-moi d'amour en 2003), 2 Mélopées (Mue en 2005, et La Mort d'Adam en 2010) et 1 Épopée (Splendeur et lassitude du Capitaine Marion Déperrier en 1999) ont été réalisées.

En 1997, il rencontre Henri Taquet, directeur du Granit-Scène Nationale de Belfort, qui lui donnera l’opportunité de monter ses premières productions théâtrales. Il s’installe alors à Belfort et cette nouvelle vie va lui offrir les conditions de son développement artistique.

La même année, il s'associe avec Catherine Lefeuvre, son épouse avec qui il aura deux enfants, le compositeur Jean-Luc Therminarias, l'éclairagiste Renaud Lagier, le régisseur son Christophe Farion, le scénographe Thierry Varenne et le régisseur général et éclairagiste Franck Besson pour fonder la Coopérative 326. C'est la première tentative en France de regrouper plusieurs corps de métiers artistiques et techniques, à partir des principes de coopération, de partage et de mutualisation. Il crée ainsi un réseau participatif et solidaire d’artistes, de techniciens, d’universitaires et de chefs d’entreprise. La Coopérative 326, basée à Belfort connaît un gros succès et rayonne sur toute la France. Ses spectacles sont notamment invités au Théâtre de la Colline, au Théâtre de l'Odéon, à la MC93 ou encore au Festival d'Avignon.

De 1997 à 2006, la Coopérative 326 est aussi l’occasion pour lui de poursuivre son travail d’écriture avec François Berreur, directeur des Éditions Les Solitaires Intempestifs qui publie dès le début tous ses textes écrits pour la scène. Par ailleurs, sa longue association avec le Granit - Scène Nationale de Belfort lui permet de tisser des liens privilégiés avec le public franc-comtois qui enrichit son goût pour un théâtre populaire et ouvert, exigeant et novateur. Ses aventures théâtrales à Belfort, relayées par le Granit, trouvent ainsi un ancrage public fort. Il alterne des productions aux formats variés (grands plateaux, petits plateaux, théâtre en appartement, Calentures, etc.) avec ses propres textes ou des textes d’auteurs qui le passionnent, comme Pasolini ou Kafka... Il animera aussi nombres d’ateliers qui lui donneront une solide expérience pour la mise en place de pratiques amateurs. Avec le compositeur Jean-Luc Therminarias, il crée le label 326 Music qui éditera plusieurs disques (cf. Discographie). Enfin, la coopérative 326 est l’occasion d’un partage et d’une ouverture pour ses créations théâtrales : "le théâtre qu’il défend est par essence un art multi «médium», le lieu où les codes de toutes les disciplines artistiques s’expriment et font sens. Il constitue alors pour chacun de ses projets un phalanstère de collaborateurs et place au centre de ses créations la mise en réseau de compétences artistiques, techniques, scientifiques ou universitaires, afin d’explorer de nouvelles perspectives pour l’art théâtral et l’écriture scénique."

En 2007, il est nommé par le Ministère de la Culture à la direction de la Comédie de Caen, Centre Dramatique National de Normandie, fonction qu'il occupe jusqu'au 31 décembre 2014. Ce centre de création et de production crée et diffuse des spectacles au rayonnement national et international et accompagne au travers de son projet artistique des compagnies théâtrales indépendantes françaises et étrangères. Son ancrage en région lui permet de poursuivre son action de démocratisation culturelle et de développement des publics.

Il est nommé par le Ministère de la Culture à la direction du Théâtre de l'Union, Centre Dramatique National du Limousin, et de L'Académie, École Nationale Supérieure de Théâtre du Limousin depuis le 1er janvier 2015.

Spécificités de ses créations

Les créations que Jean Lambert-wild propose ont à cœur de questionner la création dramatique contemporaine à travers des textes du répertoire classique et contemporain. La place de l’acteur y est centrale et celui-ci est invité à dialoguer avec tous les aspects de la modernité dont sont dotées aujourd'hui les formes dramatiques. Il collabore souvent avec des artistes venant d'autres disciplines comme l'artiste plasticien et dessinateur Stéphane Blanquet pour la scénographie, la réalisation, la conception de costumes de scène et l'écriture de plateaux, la chorégraphe Carolyn Carlson pour la danse contemporaine, le plasticien Alexander Ponomarev pour l’art contemporain, les jongleurs Jérôme Thomas et Martin Palisse pour le cirque, le réalisateur François Royet pour le cinéma, les magiciens Thierry Collet ou Marc-Antoine Coucke ou encore l'informaticien Emmanuel Mâa Berriet pour les nouveaux médias.

Un clown blanc

Jean Lambert-wild vit avec son clown depuis plus de vingt ans. Cet être paradoxal, surgi de lui-même, s’est imposé à lui, et depuis lors, cet état de jeu clownesque nourrit son travail d’interprète dans la plupart de ses spectacles. Au départ muet et sans grimage, il est apparu dans des situations de jeu extrêmes, appelées calentures et dont l’ambition est la mise en œuvre tout au long de sa vie d’un répertoire complet de 326 calentures.
Il est ainsi d’abord question d’un corps en acte faisant l’expérience des limites. À travers ses calentures, il se fracasse contre un mur, se noie au fond d’une poubelle, rêve et délire au fond d’une piscine ou survit par intraveineuse dans une cage de verre durant quarante huit heures…

Puis vient le pyjama rayé, blanc et bleu. Ce costume, tout droit sorti de son imaginaire, est ambivalent. Il est tout aussi bien un rêveur éveillé, un somnambule, un bagnard, un déporté, un personnage sorti d’une bande dessinée, un simple enfant ou encore un quelconque être conceptuel couvert des rayures de l’infamie médiévale.Ce pyjama rayé est un motif poétique largement partagé : chacun y voit un signe, un sens, une familiarité, voire une intimité. Par son dessin et ses couleurs, ce pyjama rayé le dote d’une dimension iconographique imposante. Passionné de Bande Dessinée, Jean Lambert-wild conçoit ce clown comme le ferait un illustrateur. Il se plait ainsi à s’immiscer de plus en plus loin dans cette relation entre Théâtre et Bande Dessinée qu’il nourrit depuis toujours.

Puis vient le Blanc et sa Signature. Son appétence pour la magie, le cirque, le cabaret burlesque, le music hall le porte plus avant vers son destin de clown blanc. Ce personnage étrange, présent dans ses calentures, oscillant en permanence entre tragédie et comédie, actions folles et mélancolie stoïcienne, est un clown blanc moderne, une figure renouvelée par la poésie qu’il dégage et l’énergie qu’il déploie. Il se grime donc en blanc, s’invente une signature à chaque nouvelle apparition et poursuit ainsi sa métamorphose.
Le monologue de Lucky dans En attendant Godot va libérer la parole de son clown. Cette parole sortie de lui ne s’arrêtera plus. Il se met alors en quête d’autres langues, d’autres écritures : après Lucky, il joue Richard III, il est Dom Juan, l’écuyer troubadour de La Chanson de Roland, La Mort joyeuse dans Frida Jambe de bois, ou encore un clown amoureux et malade des coloris dans Coloris Vitalis… La parole le pousse toujours plus loin dans un engagement total.

Par cette superposition dans le jeu, cette inclusion du personnage dans le personnage, c’est l’essence même du Clown Blanc qu’il retrouve : être plutôt que jouer, vivre plutôt qu’imiter.
Cette condition sérielle et récurrente lui offre une modernité et une grande liberté dans l’univers théâtral. Il circule d’un texte à un autre, d’une œuvre à une autre et finit par former une constellation de jeux et d’enjeux qui dessine un état du monde.

Pétri de paradoxes lorsqu’il est à la fois drôle et tragique, mélancolique et impatient, volontaire et désabusé, précieux et grossier, fou et pertinent, inquiétant et rassurant, va-t-en-guerre et poète, colérique et attentionné, naïf et impitoyable, c’est cette humanité mouvante qui fascine.

Puis viendra son nom, pour l’instant à peine murmuré : Le Clown Gramblanc.

Collaborations internationales

Ses origines créoles, ses nombreux voyages effectués en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud et en Asie sont au cœur de plusieurs de ses projets (résidences, étapes de travail, invitations dans des festivals ou théâtres en Norvège, Hongrie, Danemark, Italie, Allemagne, Belgique, Suisse, en Côte d'Ivoire, au Togo, au Burkina Faso, aux États-Unis, au Canada, au Brésil, en Corée du Sud, au Japon, à Singapour, en Chine...).

Pour ces créations, il collabore régulièrement avec des artistes internationaux comme l’artiste Silke Mansholt (Allemagne), l’acteur Jeremiah Mc Donald (États-Unis), le chanteur David Moss (États-Unis), l’actrice Jacqueline Humbert (États-Unis), le danseur et chorégraphe Juha Marsalo (Finlande), la chorégraphe Carolyn Carlson (États-Unis/Finlande), les danseuses russes Elena et Olga Budaeva, l'acteur Keita Mishima (Japon), le dramaturge et metteur en scène Marc Goldberg (Singapour) le metteur en scène Lorenzo Malaguerra (Suisse) avec qui il entretient une relation artistique très importante.

Il développe aussi un lien particulier et durable avec l’Afrique en travaillant régulièrement avec la comédienne burkinabée Odile Sankara (création de scènes nomades diffusées en France et dans une dizaine de pays africains) et en soutenant des artistes africains comme l’acteur et metteur en scène ivoirien Fargass Assandé ou Michel Bohiri.

Depuis 2012, il répond à l’invitation de Théâtres Nationaux qui lui commandent des textes dramatiques et des mises en scène pour leurs acteurs permanents, comme le Théâtre National Hongrois à Budapest avec son texte l’Armoire du Diable (2013)15, le Shizuoka Performing Art Center (SPAC) de Shizuoka – Japon avec une transposition japonaise de son texte Splendeur et Lassitude du Capitaine Marion Déperrier qui devient Splendeur et lassitude du Capitaine Iwatami Izumi (2013), le Myeongdong Theater - National Theater Company of Korea où il crée, en collaboration avec Lorenzo Malaguerra, Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès (2016), le Shizuoka Performing Art Center (SPAC) de Shizuoka – Japon avec la création de Yotaro au pays des Yôkais (2018).

Transmission

Pour Jean Lambert-wild, transmettre et former, c'est construire l'engagement commun de notre devenir. Son goût de la transmission, de la pédagogie et de la formation de l’acteur le conduit à intervenir régulièrement dans des classes d’art dramatique de Conservatoires Régionaux mais aussi dans des Universités Françaises et étrangères (Sorbonne- Paris IV, l'UTC Université de technologie de Compiègne, l'UTBM de Belfort-Montbéliard, l'ENSATT -école nationale des arts et techniques du théâtre à Lyon, à l'University of Texas à Austin- department of Art, The University CalArts à Los Angeles-Center for New Performance, California Institute of the Arts, au Iamas-University of technology de Tokyo, La maison des artistes à Baguida - Togo17...) ou des Écoles d’Art comme celle de Toulouse pour laquelle il a présidé en 2013 le jury d’attribution des diplômes. Il est aussi sollicité chaque année pour participer à des Colloques ou pour produire des textes critiques dans de nombreuses revues universitaires. En 2014, il est Maître de conférences à Sciences Po-Paris sur le thème : Fureur et Carnage dans le théâtre occidental.

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