WILLY
Vous dites de moi que je suis gros, que je suis laid, que je suis un infâme ! Eh bien ! Vous ne saurez pas si je suis gros ! Vous ne saurez pas si je suis
laid ! Vous ne connaîtrez pas la couleur de mes yeux, ni la violence de ma peinture ! Cet univers vous est définitivement interdit ! Vous ne saurez pas qui je
suis ! Vous ne saurez pas le fond de moi , qui vous bouleverse, car je vous bouleverse, je vous bouleverse, et vous retenez toujours vos larmes pourtant ! Vous ne
toucherez pas à ce que j’ai de plus précieux : mon insouciance, vous ne la toucherez pas ! Je vous hais, je vous hais, je vous hais pour ce que vous dites, pour la
mauvaise construction grammaticale de vos phrases, pour le manque d’imagination de vos mots, pour la pauvreté de vos mensonges, je vous hais, je vous méprise, pour la structure
de vos vies, pour la tristesse de votre quotidien, pour votre méchanceté ; ici, je parle, je crie, mais personne ne me touchera. Il n’y a pas de peine d’amour, il y a
la passion maîtresse qui me guide, celle de l’amour et celle de la création.