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Extrait

f f f
on me tue les cochons
ch
je travaillerai les vingt-quatre heures du jour et s’il le faut la nuit aussi qu’il est beau de travailler, moi je travaille
travaille travaille travaille
le travail c’est la dignité disait evita perón
je travaille ici dedans bien sûr, au dehors tout est très moche
f f f
je travaillerai pour que cette racaille ces bâtards arrêtent de me tuer les cochons une fois pour toutes
le téléphone sonne mais je me cache, j’écoute d’abord qui c’est
ah si tu pouvais dire non au lieu de te cacher, me dit une copine, j’en ai, j’en
ai tellement que je ne me souviens pas comment elles s’appellent,
normal, je ne les vois pas, j’habite tellement loin et ne sors presque jamais
jamais jamais jamais
allô machine on continue à me tuer les cochons, je ne les ai pas vus, je ne sors pas dans la porcherie, je l’ai rêvé, et je me suis réveillée en criant je
te tue les cochons quand je veux quand nous voulions voulons
jamais
jamais jamais jamais
tchao
arrêtez enfin de me tuer les cochons, je ne sais plus combien il m’en reste,
combien on m’en a tués depuis le début de l’année
combien combien
les cochons m’aiment
ch
et je les aime, je suis très amatrice amateuse affective affectueuse amicable
amiable aimable, mais qu’on ne me tue pas les cochons
ch
porcherie sans cochons c’est porcherie seule
ch ch