C'est à son cri
Qu'on l'a reconnu.
Hors de lui
Il tournait
Au dessus de sa bouche
Se déployant dans la nuit
Où d'autres cris
Déjà unis
Brillaient et l'attendaient.
Et c'est ainsi
Qu'il vint au monde.
Et c'est ainsi
Qu'il prit place parmi nous.
Et c'est ainsi
Qu'il commença à parler.
Tremblant de son nouvel éclat
Il guida
Celui qui l'avait protégé
Et qui
Aujourd'hui
Se trouvait seul
Et abandonné.
Lui nu
Dispersé et sans voix
Ebloui de cette lumière imbécile
Ne pouvait
Ni se lever
Ni marcher.
Alors nous l'avons enveloppé
Faisant corps de nos corps endormis
Jusqu'à ce qu'il se remplisse de nos rêves
Et soit réchauffé.
Mais lui resta froid.
Il creusa de ses dents
Un trou dans la terre
Berceau qu'il referma aussitôt
Ne laissant qu'un regard
Pour y glisser sa bouche.
Toute la nuit
Nous l'avons entendu crier
Mais à l'aube
Plus rien
Il s'était tu
Il avait disparu.
Et c'est ainsi.
Oui c'est ainsi !
C'est ainsi que je me suis réveillé.
Crachant
Les cendres tièdes
Des rêves calcinés
Qui m'avaient tiré hors du ventre de ma mère...
Extrait de
Dans mes rêves
J'ai appris à marcher
Deuxième Métamorphose de Mue
Un discours de Sereburã accompagné
d'un rêve de Waëhipo junior
Traduction Jean Lambert-wild