En 1988, Adriano Sofri, ancien dirigeant de Lotta Continua, fut accusé par un repenti d’avoir commandité l’assassinat du commissaire Calabresi 16 ans plus tôt. Après une dizaine de
procès entachés d’irrégularités, d’incohérences et de manipulations, il fut condamné à 22 ans de prison avec deux de ses camarades.
Recours juridiques, manifestations de solidarité, publications, spectacles, appels divers et demandes de grâce n’y ont rien fait : enfermé dans la cellule n°1 de la prison de
Pise, Sofri n’en sortira qu’en 2015. Il aura alors 73 ans. Pas très loin de là, son dénonciateur vend des crêpes. Au début donc tout est simple : Sofri d’un côté, nous de
l’autre. Lui, durablement enfermé dans sa prison ; nous, loin, ailleurs, désireux de le raconter, montrer, interpréter, et d’en découdre avec l’injustice.