“Je me souviens avoir lu dans un de ces magazines, j’étais encore au lycée, Ronald Reagan était président, et j’ai lu cet article à propos de Nancy, la femme de Reagan. ça
disait deux choses qui m’ont paru... heu... significatives... La première, qu’elle s’envoyait en l’air avec Franck Sinatra, ce qui me paraissait vraiment chouette, vu qu’elle
était déjà vieille et lui aussi, alors, pourquoi pas, hein ? ... Et la deuxième, c’était qu’elle dormait, Madame Ronald Reagan, avec un petit 32 millimètres automatique
chromé, sous son oreiller. Madame Ronald Reagan avait dit au journaliste que cela lui donnait un sentiment de sécurité . Et bien, vous voyez, je trouve que ça aussi c’est tout à
fait chouette. Je veux dire, franchement, pour moi, c’est du petit lait. Je comprends ça, complètement, parce que, moi-même, je dors avec mon poing sous mon ore i l l e r. Ma
main gauche est alors tout à fait décontractée, mais ma main droite, et ça depuis que je suis môme, ma main droite est un poing serré bien compact caché sous mon oreiller,
chargé jusqu’à la gueule, paré pour le rock’n’roll, exactement comme le pistolet de Nancy Reagan.
C’est ce qui m’a permis de rester calme pendant tout ce temps : savoir que j’ai ce poing, tout à fait compact, tout à fait paré, où que j’aille, prêt à faire voler en
arrière n’importe qui s’aviserait de me jouer des tours à la con, paré à faire exploser n’importe quelle tête.”
Les poings qui volent,
Scène I