Dame n°5 : Ca va, arrêtons de discuter. Ce qui est clair, c’est que, non seulement nous devons tenir le public éveillé, mais nous devons aussi faire quelque chose de
plus…
Alguazil : Très bien parlé.
Dame n°5 : … Et ce quelque chose, un : doit nous faire sortir de la figuration...
et deux : il doit être mieux que ce que faisaient les acteurs.
Garde n°1 : Mieux ?
Dame n°5 : Bien sûr que oui… parce que, sinon, dans quel but avons-nous investi le théâtre ? Seulement pour nous mettre en vedette à leur place ?
Garde n°2 : Moi, c’est avec Mathilde que je suis d’accord… et je dis que , si on est allés jusque là, et qu’au bout du compte il ne se passe rien… on est mal !
Page : Mais y a pas besoin non plus qu’il se passe de grandes choses, moi, il me semble. Dans les films, oui, et dans les romans… Mais au théâtre, être ici et dire des
choses, et entrer et sortir de temps en temps, ça suffit…
Dame n°5 : Eh bien, la chose est la suivante : c’est que ces rôles si squelettiques, c’est pas nous qui les avons choisis. Et si on continue à les jouer après avoir
fichu la pièce en l’air… c’est qu’on n’est pas bons à jouer autre chose.
Convive n°4 : Ce qu’il y a, c’est que certains, à c’que j’crois, retombent dans leurs craintes d’avant…
Dame n°5 : Dans quelles craintes ?
Convive n°4 : Dans celle de savoir si ce qu’on est en train de faire et de dire, c’est de nous… ou de l’auteur.
Une novice : Je proteste ! Ici, personne n’a dit ça …
Convive n°4 : Mais ils l’ont pensé.
Alguazil : Moi, c’est pas pour me répéter, et c’est vrai que je me répète, mais il me semble qu’on est tous en train de se répéter, et comme ça, on va rien changer.
Garde n°2 : Ben moi, c’est pas non plus pour me répéter, mais je répète que sans discipline on ne fera rien… ou pas grand chose.
Convive n°4 : Voilà le problème : que faire ?
Garde n°1 : Et pourquoi on fait pas une création collective ?
Les trois frères capucins : Une quoi ?!