Colchide crépuscule bord de mer :
Les Habitants de Colchide :
- la mer est pas une poubelle
- la mer la mer, c’est du ciel qu’il faut parler, des avions, des charters !
- n’empêche ça commence bien par la mer, le bleu qu’on regarde
- tout ce bleu, c’est pas possible du tout, ça use !
- ça donne vomissement !
- le bleu le ciel aussi !
- tu fatigues avec le ciel !
- le bleu il change comme caméléon
- justement c’est pire tous les bleus qui maillent dans ta tête
- On peut pas changer la couleur la mer quand même !
- la mer est rouge je dis
- Maille pas !
- la mer est sang
- Maille pas !
- le bleu un lenvahissement
- le bleu une possession
- le bleu un gouffre
- le mal de mer ma parole !
- on entend le bruit la mer même quand on habite sur la montagne, elle est silencieuse, mais dans le fond de nous on l’entend quand même en misouk la bête !
- pas besoin de coquillage
- coquillage c’est not corps !
- ailleurs y a la mer aussi
- et y a le ciel aussi
- tu fatigues avec ton ciel !
- c’est pas pareil quand la mer c’est un lantouraz !
- une geôle oui !
Extérieur-nuit balcon d’immeuble du pays resté loin
Habouket : Regarde comme elle est belle cette putain d’ville ! Des toits, des toits, des hirondelles qui mènent le bal, les clochers, on en voit pas le bout ! Pas
d’ rebords cette terre ! Ca m’a toujours fait chaud ces lumières, et l’hiver on hiberne peinard sous les couettes, on hiberne dans les bars aussi dans les bras du vin
chaud, on souffle la buée, fumer la buée ça m’épate toujours !, on monte on descend sur les escalators, les escalators c’est comme les tapis rouges on est le roi,
l’escalator y monte y descend juste pour nous tout seuls, et on siffle dans l’ printemps, et on donne le manger aux pigeons, au début ça m’a frappé ça, donner le manger aux
oiseaux, j’avais jamais vu d’oiseaux qui s’débrouillaient pas tout seuls !
Les habitants de Colchide :
- Madina nous a traînés dans la boue
- on peut se trahir soi mais jamais trahir tous
- tous on est un pays
- seul on est un étranger
- Madina est devenue gazée, sa tête la perde !
- j’ai rien contre sa famille mais ils ont le mauvais œil maintenant
- je sais pas comment ils font pour vivre avec ça !
Colchide crépuscule bord de mer
Sheeloh : Débouchez vos oreilles siouplé la coterie ! Débouchez ! Si c’est pas la chiasse ! Il est l’heure de vider le sac, larguer tout à terre comme
ça !
Notre sac de fumier, alorsss ! Il est grand temps que vous vomissiez mes moitiés d’pays la boue qui vous bouche les pores, frotter ça ! A l’éponge pad, si faut à la
paille de fer frotter !
Même s’il faut nous sauter à la gorge, déboucher la merde, et en public s’il vous plaît !les fenêtres grandes ouvertes, sous la pluie de fiente des commérages et des
ladilafé
Maudite famille ! Maudite terre ! Maudite vie ! Lâches !
Personne ne touchera à tes deux enfants bâtards Madina, j’ai trimé pour les ramener au pays pour les garder avec moi ! Bande de dégénérés sans couilles ! Allez trouver
Madina !
Ah ah ah alorsss silence à l’audience, coup d’pet à la balance ! On fait dans sa culotte ! On s’attaque à la nénéne Sheeloh et aux jeunes et on tremble au nom de la
mère !…
Gamo : Je vois les yeux de mon père, j’entends ses pas, le son d’ sa voix j’ l’entends déjà plus….. S’accrocher à une image ! J’veux des milliers d’images ! Pas d’étiquette avec un nom, un lieu d’naissance et un destin tout traçé ! J’veux des milliers d’étiquettes à donner l’ tournis ! Et j’emmerde les voisins ! Moitiés d’pays ! La dernière fois, les gars m’ont coincé à un coin d’rue, Ils m’ont dit gare à ta gueule, ta sœur c’est le diable, une possédée comme sa mère, on y touche pas mais toi. Ils m’ont versé d’la peinture sur la tête , puis du ketchup , des œufs, des plumes, des herbes, du gravier, un tube de lait Nestlé, tout c’qu’ils avaient sous la main y est passée. J’ai dit merci les mecs, comment vous savez que c’est mon anniversaire ! Depuis on est copains au désespoir des parents !
Extérieur-Jour rue passante du pays resté loin
Too tic : ... Tu as entendu la radio ?
Habouket : Une Colchidienne- crime passionnel barbare- l’amante lacérée à coups’d’ciseaux le mari, elle lui a coupé la bite et elle l’a mangée et elle lui
a sucé la moelle du corps. Le mari et l’amante, étaient pas Colchidiens.
Too tic : Je trouve ça horrible, mon dieu !
Habouket : C’est horrrriiible ce qu’ils peuvent faire comme atrocités ces sauvages ! Une bite frite, ça doit ressembler à de la queue
d’bœuf !
Too tic : Arrête tes conneries, des choses comme ça, ça ne nous sert pas à nous Colchidiens !
Habouket : Chut parle plus, y’a une policière qui s’approche
Too tic : Où ça ?
Habouket : Louque la fille blonde qui fait semblant d’lire une revue au kiosque
Too tic : Et alors ?
Habouket : Alors c’en est une de policière, il va falloir que tu apprennes à détecter, n’empêche je lui raconterai bien une blague de cul moi à la
policière, tu sais ça qu’on a des bites énormes nous les Colchidiens ? C’est pour ça qu’elle lui a coupé la bite… parce qu’elle était ridicule sa bite !
Too tic : Je ne comprends pas, tu ne t’es jamais fait casser la figure ?
Habouket : Y a plus rien à casser