“Quatre-vingt sortes de saucisses différentes. Ma femme s'impatiente. Elle dit qu'elle m'attendra au rayon parfumerie. Quatre-vingt sortes! J'étais comme fasciné. Et
puis : boum! Bon dieu. Quel carnage! Je suppose qu'ils ont du mal à faire la différence à présent entre la chair humaine et toute cette saucisse.”
Après Sand la
scandaleuse et Le Roi Lune (sélectionné par le festival d'Avignon 2006), voici la troisième création d'une pièce de Thierry Debroux au Théâtre du Méridien. Le sujet, brûlant
d'actualité nous plonge dans les ruines d'une grande surface à Berlin après un attentat. Cinq personnes errent à travers la vie et la mort et leurs échanges nous confrontent à
nos propres contradictions. L'effondrement du mur de Berlin puis le onze septembre 2001 ont sonné la fin du XX ème siècle. Il s'agit aujourd'hui de réinventer le monde, de
retrouver de nouveaux équilibres, de redonner du sens pour éviter le retour à l'obscurantisme. Avec beaucoup d'humour et de dérision, la pièce nous renvoie notre image, sans
complaisance. Nous sommes tour à tour chacune de ces cinq ombres qui errent. Leurs mots et leurs pensées, leur mauvaise foi, leurs excès, leurs lâchetés, leurs espoirs aussi
sont les nôtres. Nous rions mais à travers le rire, nous ne pouvons faire l'impasse sur la question essentielle : “Et maintenant, que faisons-nous?”