Fervent admirateur des grandes figures de la scène jazzistique américaine des années cinquante, l'auteur de Sur la route a souvent relaté dans ses récits les soirées
passées à boire et à écouter de la musique dans les clubs de la 52è.
On sait moins qu'il aimait à grimper sur l'estrade pour interprêter ses poèmes (parfois même les improviser) en compagnie de ses musiciens préférés.
(...)
En 1957, Max Gordon, propriétaire du fameux "Village Vanguard", impressionné par sa réputation de lecteur, lui signa un engagement de plusieurs semaines. Entrant soûl chaque soir en
scène, afin d'anesthésier son trac, Jack en vint à redouter ces lectures publiques, saluées de sifflets et de ricanements. (...) Rien n'y fit : les new-yorkais branchés
venaient contempler la déchéance de l'homme qui s'était fixé pour programme essentiel d'habiter "l'Amérique comme poème, au lieu de l'Amérique comme endroit où se débattre et
suer".
Enzo Cormann
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