Treplev : Il est sans doute à la guerre, le docteur…
La guerre n’est pas loin, on l’entend. Il soigne les blessés. Les blessés. Les blessés. C’est urgent, les blessés…
Sonia : Et nous pouvons attendre…
Treplev : Bien sûr ! Nous pouvons attendre, nos vieilles blessures peuvent attendre. C’est normal.
Le sang est à peu près séché, il suinte encore mais ne jaillit plus. Vous êtes parti de là bas ?
Sonia : J’ai quitté, oui.
Treplev : Chez un médecin russe exilé, on doit s’attendre à rencontrer des Russes…
Sonia : … exilés.
Treplev : On dit que la guerre va bientôt finir.
Sonia : Elle s’endort parfois…
Treplev : Ma mère était comédienne.
Sonia : Pardon ?
Treplev : Ma mère était comédienne. Une grande comédienne… Elle est morte le mois dernier. L’assistante du docteur avait une robe bleue… Vous en êtes sûre ?