Extrait de la préface de Michel Séonnet
Une fois encore, c’est comme si tout recommençait à zéro, au premier mot, au premier geste de l’écriture tentant de faire incursion sur la page encore vide. Comme si écrire
n’avait pas de passé, pas d’expérience, et qu’il faille en inventer et la possibilité et les formes. Et pourtant ce n’est pas la première aurore. Le monde n’en est pas à ses
balbutiements. Il pèse sur l’attente des mots de tout son poids d’histoire, d’événements. Il y a eu des hommes. Il y a eu des villes. Il y a eu des livres aussi, des films, des
images. Surtout : il y a eu un siècle, et dans ce siècle une bataille. Perdue ? Gagnée ? Pour l’heure, nul ne le sait. Pas même l’homme qui face à tout cela – les
monuments, les ruines, les visages et les chants – prend le risque de réinventer l’écriture.
Ce texte édité aux editions Verdier en 1997 est indisponible.