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(…) A LA PLACE DU PÈRE : Cette échelle, pour monter où ?

DJEDJE : Sur le toit ? Nous n’avons pas de toit !

CHEYENNE : Pour cueillir des fruits ? Nous n’en avons pas.

ROSO : Cette échelle, pour faire quoi ? Mam, réponds-nous !

MAM : Une échelle parce que c’est haut, parce que c’est beau, je ne sais pas, peut-être pour décrocher le Christ de sa croix ?

(…) MAM : …là-bas on peut se promener avec la chance à son bras, on finit forcément par la rencontrer au détour d’une rue, il y a tellement de rues. Il dit qu’à la Nouvelle-Aurore il y aura du travail pou chacun, même pour toi, Roso… Pour Cheyenne, pour Djédjé.

DJEDJE : Pour moi, à la Nouvelle-Aurore, ce sera différent parce que j’aurai l’air de quelqu’un, je serai portemanteau chez les riches ! Parfaitement, c’est un métier ! ce n’est pas trop fatigant mais il faut éviter les crampes. Hein, Mam, il n’y a pas de sot métier ?

(…) ROSO : J’étais en ville, je tenais entre mes bras une platée de lentilles pour mon frère et franchement, je commençais à ne plus y croire. C’est alors que par hasard, un hasard pas comme les autres, je passe sous un arbre, un arbre pas modeste qui se serait pris pour une forêt entière, et j’entends mon prénom. « Roso, ohé ! ». sa belle voix, grave et belle, très loin de l’asphalte et des poubelles, sa voix de là-bas quoi devenait d’ici. Je relève le nez et qui je vois ?