Dans L’Instant T Antoine Lemaire pratique l’autopsie d’un couple de quadragénaires. A travers une succession de confidences, chacun tente de retrouver « L’instant T »… l’instant où leur couple est mort. Ils découvrent que cet instant était bien antérieur à leur rupture. Il était même antérieur à leur intention de rupture. Ils parlent, évoquent leur vie en commun, les chocs assez banals d’une vie de couple « normale » : la sexualité dépassionnée, les chemins de l’originalité et de la surprise qui s’assombrissent progressivement, la naissance du premier enfant, puis du deuxième – on reste dans la moyenne - la première maîtresse qui donne un sursaut d’affection de Lui pour Elle, puis la deuxième avec laquelle il ne retrouve plus cette poussée « d’énergie conjugale » qui l’avait submergé la première fois, les inhibitions qu’Elle fait sauter les unes après les autres pour dévoiler à son tour son corps à un autre « par petits bouts »... Et puis cet instant où leur lien s’est rompu et qu’ils ne parviennent pas à retrouver. Pourquoi cela a-t-il eu lieu ? C’est un instant où il ne s’est peut être rien passé… une seconde identique à celle qui a précédée, identique à celle qui a suivie. Mais à partir de ce moment, plus rien n’est possible, le mépris s’est irrémédiablement installé.
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