Les Illusions comiques s'ouvrent sur un cauchemar en forme de farce ; le poète, « Moi-même », découvre avec ses camarades que le monde entier est soucieux de
sa parole. Les journalistes, les politiques, les prélats, les marchands de mode, sont soudainement pris d'une épidémie d'amour du théâtre. Comme si la mort des - ismes avait en
dernier recours ouvert une ère du théâtre, comme si l'humanité avouait qu'il est le seul outil de métaphysique, ou au contraire la seule manière d'échapper à la métaphysique, la
seule manière de vivre dignement.
Le poète résiste d'abord à cette position inconfortable de « la parole entendue », mais, pris de vertige et poussé par sa mère, accepte toutes les responsabilités du siècle. Il
devient en quelques heures le prophète et le héros qui peut répondre à tous les désarrois du temps et à toutes les inquiétudes éternelles. Il sort de son rôle de contradicteur et
d'exilé, il n'est plus excentrique, il est le centre. On remet dans ses mains le pouvoir suprême de changer le monde, on laisse son théâtre agir sur le réel et non plus sur le
symbolique. Le pape lui-même vient lui demander conseil. Lui seul est à même de donner ce qui est plus précieux que l'égalité sociale, le sens de la vie.
De leur côté, ses camarades comédiens Mademoiselle Mazev, Messieurs Fau, Girard, Balazuc, dans leurs propres rôles, restent dubitatifs sur ce succès planétaire de leur art et
défendent que ce que le théâtre doit faire pour le monde, c'est du théâtre et du théâtre seulement.
Toute représentation publique est strictement interdite sans autorisation.
Toute traduction pour un usage non privé est strictement interdite sans autorisation.
Contactez l'éditeur pour toute demande de traduction
ISBN : 2-7427-5992-1