(...)
Personne a vue une petite poupée?
L’une de ces poupées en bois, avec des grandes oreilles, le nez rouge...
Personne n’a vue des clés?
Personne n’a vue des lunettes?
Je les ai trouvé, merci.
J’ai trouvé ça, pour mieux chercher.
Vous étés sures ? Personne n’a vue une petite poupée ?
C’est vrai, je perds tout. Des grandes choses, des petites choses, des choses importantes, des choses pas importantes… Par exemple, je perds les clés de la voiture. Des heures et des heures en cherchant les clés puis je les trouve et toute de suite je perds quelque chose d’autre. Et ça c’est pas bon, ça c’est pas bien parce que puis les gens ils disent “ah, Pippo, oui, il est bien, il est sympa mais il perds tout, on peut pas le faire confiance…” Maintenant je ne sais pas si vous me regardez comme ça pour vous moquer de moi ou bien… Vous etes surs, une petite poupée?…
J’ai perdu mon cœur à Portofino…
Cher frère, Je t’écris d’ici, dans la cour derrière la maison, près de ce grand arbre… je ne sais pas si tu te souviens comme ils sont les automnes ici, chez nous. Ça me touche de
penser que là, où tu habites maintenant, l’hiver est si long. Ça me fait penser que là les gens ne connaissent pas le pas du temps. Ici, par contre, chez nous, les feuilles
viennent de commencer à vieillir, et moi aussi je me sens un peu plus vielle.
Maintenant tu es désormais en Europe. Qui sait combien de automnes tu pourrais voir, combien de feuilles mortes.. Même près des vieux châteaux. Ici, chez nous, par contre,
l’automne vient de passer. On sent l’hiver arriver, et ça semble que cette année ça va être très dur. A propos du temps pas atmosphérique je te peux donner très peu de nouvelles.v
La situation n’est pas changée. L’une après l’autre toutes les possibilités se ferment. Les circonstances sont devenues….
Il y a celui qui achète
Il y a celui qui vend
Il y a celui qui tue son amour tandis qu’il est jeune
Il y a celui qui tue son amour quand il est vieux
Il y a celui qui aime trop long,
Il y a celui qui aime trop peu
Mais chacun tue ce qu’il aime
Le couard tue avec un baiser, l’homme gentil utilise le couteau, parce que comme ça la mort arrive plus vite, mais chacun tue ce qu’il aime…
Je voudrais vous raconter une histoire. Il était une fois un jeune homme qui vivait dans un tout petit village sur la riviera italienne. Un soir il est entré dans un bar et là il rencontre un gars qui était en train de boire une bière. Le gars était très bizarre. Dès ce moment là ils sont devenus amis, ils ont fait beaucoup de voyages ensemble. Paris Amsterdam, London, Bruxelles. Le gars emmène le jeune homme sur la route du sexe, de l’alcool, de l’héroine. Le gars aimait courir la nuit au bord du précipice, il aimait nager, seulement quant la mer était forte et le jeune homme avait toujours plus peur de le suivre.
Cordoba Argentine. 1976. Cher frère, maintenant je sais comme cela se passe. Ce n’est pas que tu ne veuilles plus revenir mais que tu ne peux plus revenir . Aujourd’hui, cela fait vingt jours qu’ils ont pris Tina. Le docteur m’a donné une pastille contre la peur. Hier une grande pyramide de livres dans la cour du centre militaire. Les soldats les ramassaient avec de grandes fourches, les ont arrosé de gazole et les ont brûlés.
C’est un spectacle expérimental, une recherche… sur le monde de la jeunesse… toutes ces relations qu’on emporte avec soi par toute sa vie… des histoires de jeunes, vous
voyez…
-Il est très jeune. Je veux dire, comme acteur il n’est pas… pas encore…
-C’est moi le metteur en scène de ce spectacle.v -Il n’y a pas une histoire. Je veux dire… il n’y a pas une histoire. Il y en a deux. Deux… « Deux ou trois choses que je sais
d’elle »…
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