Un rapport idiot (naïf) au monde, déjà impossible au temps de Dostoïevski, est-il possible aujourd’hui ? La violence du monde dans lequel évolue le prince Mychkine est celle d’une société installée et aristocratique aux prises avec des changements idéologiques qu’elle ne maîtrise pas, une société sans but, aux valeurs floues, poussée au divertissement, une société pleine de larmes et déjà, de rancœur. Ce divertissement, au sens pascalien, est celui de notre monde contemporain : des individus qui se regroupent, s’amusent, s’activent, parlent et discutent, pour éviter d’être pleinement au réel. Il faudrait montrer comment cela résonne non seulement par rapport au monde dans lequel nous vivons, mais aussi par rapport au théâtre lui-même. Comment faire du théâtre de façon essentielle, naïve, idiote ? Ou comment composer avec notre divertissement ? L’Idiot c’est aussi une histoire biblique où Mychkine et Rogojine rappellent Abel et Caïn. Et c’est aussi une histoire d’amour, féroce, violente, ensanglantée et bien sûr, comique.
Toute représentation publique est strictement interdite sans autorisation.
Librement inspiré de Fedor Dostoïevski