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Bamako, mélodrame subsaharien

DE WINTER : Tu es fatigant Moussa.

MOUSSA : Tu auras l’argent demain.

DE WINTER : Le problème avec vous les Africains, c’est que vous n’avez toujours pas compris ce que c’est qu’une dette.

MOUSSA : Mon ami ! J’ai très bien compris. Nous avons tous très bien compris… Les blancs sont nos grands amis créanciers… Nous vous devons tout : la langue, le savoir, la santé, la voiture, l’argent… Le respect bien sûr… Tout. Vous pillez nos ressources, vous nous réduisez à la mendicité, vous propagez l’image de l’Africain irresponsable et infantile, mais surtout, surtout, il ne faut pas oublier notre dette ! Et les intérêts de la dette, et les intérêts des intérêts de la dette…

DE WINTER : Qu’est-ce qui t’arrive, t’as lu un livre ?

MOUSSA : Demain, tu auras l’argent. Tu peux attendre un peu, non ? Je suis de la famille maintenant… J’ai dû aider ma soeur Awa. Il fallait que je l’aide, c’est comme ça, tu le sais bien, depuis le temps que tu habites ici. Dans quelques jours tu auras l’argent, ne t’inquiète pas.

J’ai récupéré tes cigarillos à l’aéroport.

DE WINTER : Tu as mis la main sur le tocard qui les a escamotés ?

MOUSSA : Mon cousin.

DE WINTER : Elle est belle la famille… Ils sont où ?

MOUSSA : Dans la voiture. Bacari ? Il y a un sac dans le coffre.

Eric Durnez