Une femme joue du violoncelle, elle fait des gammes, travaille quelques morceaux de Bach. Ce faisant, elle s’adresse à son frère, qu’au même moment on opère du cerveau. Une opération qui doit le sauver, qui le sauvera. Plus qu’un sujet d’inquiétude, ce frère est un abri, d’où la brutalité du monde apparaît. La femme joue, elle écrit une prière avec ses mains, ses genoux qui entourent le violoncelle, sa voix. Seule avec l’instrument, seule au monde dans l’attente du déroulement de l’opération, elle tente de composer une prière païenne. Elle a cette chance — elle le sait — d’aimer un autre plus qu’elle-même. Elle ne s’adresse pas à Dieu — depuis trop longtemps aux abonnés absents — mais à cette part lumineuse de nous-même, qui permet l’amour absolu.
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