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Dominique
Féret Les Yeux rouges Lip, les grandes dates: De l'épopée... XlXe siècle: Besançon devient la capitale de l'horlogerie. Elle produit 95% des montres françaises.1882: Besançon produit 500.000 montres. 1900: 3 Besançon, 8.000 ouvriers horlogers travaillent tant à domicile que dans l'une des 200 fabriques. 1928/1934: crise dans l'horlogerie. 7 5.000 montres seulement fabriquées à Besançon. A partir de 1935: reprise de la production. 700.000 montres produites en 1939. 1970: 4.000.000 de montres produites à Besançon par seulement 5.000 horlogers. 1973: Besançon n'est plus le premier centre de production horlogère. Sur les 16.000.000 de montres françaises, 38% sont fabriquées à Besançon, 55% dans le Haut-Doubs, 4% en Haute Savoie. La seule Franche-Comté produit 93% des montres françaises .
1945/1950: Fred Lip relance la production horlogère dans une entreprise moderne, modèle, pionnière, dynamique. Il recrute des cadres, ouvriers et techniciens de qualité, développe la recherche scientifique et technologique. 1960: Fred Lip installe l'usine 3 Palente (1200 salariés).L'entreprise travaille aussi pour l'armement, les fusées... Prestige mondial ! 1967: les Suisses entrent au Conseil d'Administration. 1971: Fred Lip perd la majorité au Conseil d'administration. Il démissionne. 1973 février: la CFDT LIP analyse la situation chez LIP. Elle conclut par ces mots prophétiques: " vous ne serez pas surpris, dans les semaines à venir, qu'un grand conflit éclate à Besançon ". Le texte est envoyé au Président Pompidou. 17 avril: le Tribunal de Commerce de Besançon charge deux administrateurs de procéder à la liquidation de l'entreprise LIP. Le même jour la CFDT et la CGT LIP ripostent: " L/Pest viable. LIP est un tout ! Les différentes branches horlogerie, mécanique, armement, appareils médicaux) ne sont que les membres d'un même corps. Nous voulons nous battre pour une entreprise qu'on aime, dont on est fier ". Avri/juin: Les LIP remuent ciel et terre avec une énergie incroyable, une ingéniosité surprenante et un humour décapant pour qu'un plan de relance de l'usine soit mis sur pied. Juin: résultat d'un sondage, 70% des Français approuvent les LIP. 15 juin: Besançon est déclarée ville morte. 1 5.000 manifestants en ville. Les commerçants baissent leurs rideaux en signe de solidarité. L'Archevêque de Besançon, sur les marches de l'église St-Pierre, apporte son soutien aux LIP. A l'Assemblée Nationale, André Boulloche, député du Doubs, fait une très longue intervention sur l'affaire LIP. Devant la Préfecture de Besançon, la provocation policière entraîne de graves échauffourées et des bagarres. 18 juin: les ouvriers de LIP en Assemblée Générale décident de reprendre la production: "on fabrique, on vend, on se paye ". Été 73: "I'été LIP". Vie exténuante des militants qui parcourent la France et l'Europe. 2 août: à 15h15, première paye sauvage. 14 août: à 5h30, 3.000 gardes mobiles et CRS ceinturent l'usine et entrent de force dans l'entreprise. A 9h00, 5.000 personnes protestent devant les grilles de I' usine. A 15h00, par une chaleur torride, 13.000 personnes manifestent en ville leur indignation et leur colère. Nuit d'émeute aux abords de l'usine de Palente. La mairie de Besancon accorde aux LIP l'école Jean Zay. Septembre: négociation d'Arc et Senans . Un nouveau patron propose un plan social, refusé. 29 septembre: la grande marche des 100.000, convergeant de toute la France et même d'Europe pour apporter leur soutien aux salariés de LIP. Automne 73: divergence de stratégie entre la CGT LIP d'une part, la CFDT LIP et le comité d'action d'autre part. La CFDT et le comité d'action sont majoritaires. Automne/hiver 73: chaque mois, paye sauvage grâce aux ventes sauvages. Noël: réveillon des LIP au Fort Bregille. Fête, émotion, angoisse. 1974 26/27/28 janvier: négociations de Dole, conduites par José Bidegain pour le patronat et par les leaders syndicaux, nationaux et locaux. Signature des accords de Dole qui prévoient: - redémarrage d'une usine avec 66% de capitaux français et 33% suisses. - pas de démantèlement - réembauchage échelonné des 800 salariés restants. 1974/1975: relance de l'entreprise. Directeur: Claude Neuschwander. La production reprend, les commandes arrivent. 600.000 montres produites. Début 76: a) I'état veut réinjecter de l'argent dans l'affaire LIP. Les patrons horlogers protestent, manifestent à Paris, Edgar Faure les reçoit, semble les approuver. b) stupeur ! Le Conseil d'Administration des actionnaires de LIP fait paraître une annonce: " LIP cherche directeur général " . Claude Neuschwander est congédié. Chronologie établie par Gaston Bordet, |