Slimane Benaïssa, Daniel Keene, Lise Vaillancourt, Carlos Liscano Un noir, une blanche
mise en scène de Michel Dezoteux

Présentation :


Deux acteurs noirs, deux actrices blanches et Michel Dezoteux dans un rôle inédit puisqu'il se met pour la première fois aux commandes d'un projet à plusieurs faces, né de l'initiative de deux acteurs, sur le thème de la différence et du racisme :

Les paroles de Daniel Keene
Traduction de Séverine Magois
Paul et Hélène vont de ville en ville. Dans l'une ou l'autre, indifféremment, ils posent leur valise. Lui dit des paroles aux gens. Elle l'attend. Une vie est une vie. Celle-là est la leur.

Noir-Hamlet de Slimane Benaïssa
Christine est enceinte. Elle attend impatiemment Aimé pour lui annoncer la bonne nouvelle. Aimé arrive. Il est dans un drôle d'état. Parce qu'il est noir, il vient de se voir refuser le rôle d'Hamlet.

La main de Lise Vaillancourt
Une femme entre dans un bistro. Elle a un look de tombeuse et quelque chose qui cloche. Elle s'assied au comptoir et commande un whisky. A côté d'elle, un homme noir.

Je ne sais pas pourquoi nous sommes ici de Carlos Liscano
Traduction de Françoise Thanas
Un acteur et une actrice doivent parler. Apparemment le sujet de conversation est les Noirs. Il semble que beaucoup de gens s'intéressent aux Noirs. De quelle sorte de gens s'agit-il ?






Nous nous sommes rencontrés au Conservatoire d'Art dramatique de Perpignan. Depuis, nous avons eu l'occasion de travailler ensemble dans une pièce à dire (une mise en scène de poèmes sur musique) d'un auteur du département des Pyrénées Orientales : Pierre Dufrêne. Et enfin, nous nous sommes retrouvés au Théâtre du Reflexe où nous avons joué Les voisins de James Saunders. Durant la préparation et les répétitions, nous avons longuement discuté, réfléchit, nous nous sommes questionnés par rapport aux personnages : est-ce la couleur respective de chacun qui conduit aux agissements de l'un envers l'autre ? La pièce Les voisins a fait l'objet de divergences de perception de la part des spectateurs ; divergences qui, loin d'apporter des éclaircissements à nos interrogations, ne faisaient qu'accroître ces dernières. Désireux d'approfondir le travail, nous avons demandé à Jean Lebeau que le thème interpellait, de nous remettre en scène. Il a relevé le pari. Cependant, Les voisins a été perçue comme pièce illustrant une autre époque : nombre de spectateurs ne se sentaient pas concernés. Or le théâtre est le vrai thermomètre de l'esprit public (Feuille du salut public du 21 Brumaire de l'An II.). Où en est-on de la notion de racisme ? Qu'en est-il aujourd'hui de la relation noir/blanche ?

Il nous est apparu capital de s'affranchir d'un contexte temporel et géographique limitatif. C'est ainsi que le projet Un noir, une blanche a vu le jour.

Henriette Torrenta
Thierry Coma


Mon institutrice de CP disait à ma mère: "Il ne faut pas parler catalan aux enfants". Pendant longtemps, j'ai eu honte de ma langue maternelle. A trente trois ans, j'ai compris comment on peut se nier soi-même quand les autres nous nient, quel malaise cela peut provoquer chez nous de se sentir méprisé dans ce que l'on est, quand ce que nous sommes profondément est remis en cause : notre couleur de peau, notre taille, notre langue maternelle, notre culture, nos racines, nos opinions...

Henriette Torrenta


Je pourrais raconter maintes histoires qui ont marqué ma vie. Je pourrais m'étaler sur les vexations ressenties, les humiliations, les colères, l'amertume, les coups donnés, les coups reçus pour défendre mon honneur d'enfant noir. Je pourrais dire sur le racisme, en variant le ton, bien des choses en somme...Je cède la parole au poète car je trépigne d'impatience à l'idée de jouer sa partition en accord majeur. Bref, puisse-t-il arriver vite le moment où l'on dira : " Que le spectacle commence ! ".

Thierry Coma













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