| Didier-georges Gabily
Théâtre du mépris 3 mise en scène Aurélien Recoing Synopsis Trois hommes, un producteur de cinéma, un réalisateur et un écrivain se réunissent pour affaires : l'écrivain est payé par le producteur pour l'écriture d'un scénario qui doit faire un succès populaire. On lui a "commandé" d'écrire sur la misère du monde, un thème porteur. Rien de plus juteux que la pauvreté pour faire fructifier l'argent. Marx l'avait déjà dit. Pour ce faire, il dispose à demeure d'un spécimen de pauvreté, spécialement rapporté pour nourrir (pourrir) et entretenir son "imagination" - cette machine à mentir et à escroquer le réel. Le pauvre homme est d'abord anonyme, un homme sans nom et sans voix. Sa chair inerte est réduite à la pure animalité, odeurs, crasse et sons désarticulés. Peu à peu sa parole va se ranimer pour dire des lambeaux de son histoire ancienne, l'histoire d'un Ulysse qui croyait pouvoir conquérir le monde, cet homme, qui en représente tant d'autres pour lesquels l'existence et la pensée humaines passent forcément par la domination de l'autre. Il y a aussi une femme, "l'héroïne", la femme de l'écrivain, perdue par le manque (d'amour, de l'autre, encore), et qui n'a pas d'autre issue que de s'absenter en d'autres lits - pour le besoin de la cause perdue. Bruno Tackels, in Les
Ecrans sur la Scène, éditions l'Âge d'Homme, Lausanne, 1998. © 2001 "Théâtre-contemporain.net". Tous droits réservés. |