Jean-Louis Sagot-Duvauroux Ségou
Fassa mise en scène de Georges Bigot
Présentation :
Le titre
Ségou
: Seconde ville du Mali, ancienne capitale d'un royaume bamanan ( bambara) qui
régna sur la partie centrale de l'Afrique de l'Ouest durant le XVIIIe et
le XIXe siècles. Le royaume bamanan de Ségou sera défait
en 1861 par le conquérant toucouleur El Hadji Ouamar Tall. En 1890, son
fils Ahmadou Sékou est vaincu par les Français qui prennent la ville.
Fassa
: Le fassa est un récit épique, généralement dit par
les griots, à travers lequel sont transmis des informations historiques,
des représentations morales ou religieuses, la figure des grands personnages
du passé et le goût du beau langage. La pièce est inspirée
du fassa de Ségou dans la version qu'en a donné le Griot Baba Sissoko.
L'histoire
Ségou
XXIe siècle. Dans un " maquis ", un de ces bars où artistes,
buveurs et noctambules de tous poils traversent la nuit, un Européen vient
demander la main d'une jeune prostituée, mais à la stupéfaction
générale, celle-ci refuse
Ségou XVIIIe siècle.
Le royaume bamanan est soumis au tribut par le terrible Bilissi, héros
d'une puissance étrangère venue d'au delà des eaux. Mais
le noble et courageux Bakary Dian décide de l'affronter
La
pièce Ségou Fassa croise les deux histoires et place le Mali d'aujourd'hui
face au miroir des grands archétypes qui ont construit son identité.
Une occasion de partager les aventures tantôt burlesques, tantôt tragiques
de personnages hauts en couleurs, mais également d'explorer la crise morale
qui taraude l'Afrique contemporaine.
Travailler
sur le maana
Le maana est la grande récitation publique que
donnent les griots ou chasseurs à l'occasion de cérémonies
sociales. Cette forme de représentation est à la base de la réflexion
qui a abouti à l'écriture, puis à la création de Ségou
Fassa. Fondé sur la mise en référence des événements
anciens avec des enjeux de la société contemporaine, le maana mêle
narration, chant, refrains connus, commentaires sur les familles présentes
et considérations politiques ou morales. Ce sont ces allers et retours
que Ségou Fassa tente de mettre sur scène, avec l'ambition d'emporter
le public dans l'Afrique légendaire, mais également de lui faire
toucher du cur la manière dont ces grands archétypes contribuent
à construire l'identité du Mali d'aujourd'hui.
Le
texte
La pièce est inspirée des récits de Djéli
Baba Sissoko, un des auteurs de langue bamanan les plus féconds et les
plus appréciés du Mali. Produits oralement, ces textes portent une
poésie et une dramaturgie singulières qui tiennent en haleine des
publics immenses. Jean-Louis Sagot-Duvauroux a traduit certains d'entre eux. Ils
constituent en quelque sorte l'âme de la pièce. Si l'action théâtrale
s'échappe parfois totalement du texte Baba Sissoko (et même des événements
qu'il rapporte), elle y revient de manière récurrente, soit en l'adaptant
librement pour la scène soit en l'enchassant purement et simplement dans
l'action dramatique.
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