Charlie
Degotte & Dieu ! (dans tout ça)
mise
en scène de l'auteur Présentation
:
Dieu a peur de l'homme, le
projet
Dieu est certainement très grand, mais le monceau de conneries
commis en son nom, impose le respect et fournit une pléthore de
situations tragiques, qu'il ne serait pas mal venu de rendre comique par
les temps qui courent.
Notre père qui êtes aux cieux,
Donnez-nous aujourd'hui
Notre prochaine fois quotidienne
- Mariën
La méthode de travail sera sensiblement la même que pour
mes précédentes productions. Dès à présent,
je consigne par dessins les idées de situations comiques que mes
lectures vastes sur le sujet, suivies de siestes à demi endormi,
font surgir dans mon insigne tête.
Sur cette période, si une idée me fait rire trois fois,
il y a de fortes chances, pour qu'elle fasse rire les acteurs lorsqu'ils
la découvriront.
Puis ils me feront pisser de rire en l'improvisant pour la première
fois.
Ensuite nous ne rirons plus du tout pendant les mois qui suivent, soucieux
de comprendre ce qui nous avait fait rire le premier jour.
Lorsque mon cahier de dessin est plein d'idoines pistes à improviser,
je le trie en me faisant violence et je consigne le restant dans un story-board
martyr qui constitue la bible de l'aventure. Lors de la première
présentation du story-board aux acteurs, nous le découvrons
ensemble, ils rient, puis ils le déchirent, et nous recommençons
le processus à zéro en improvisant sur les titres des cases
déchirées complétées par les envies et réflexions
des acteurs. Ce genre de sport nécessite un stock d'au moins 10
bonnes idées par jour. Le travail consiste ensuite à essayer
de sortir le soir du local bien chauffé, en ayant au moins trouvé
à faire vivre la moitié d'une d'elles.
A la fin des répétitions, les impros devenues scènes
seront ré-enfilées dans un nouveau dessin du spectacle.
Et à la grande joie de tout le monde, le nouveau scripte ressemblera
très fort au premier. C'est généralement le moment
que je choisis pour embrasser mes acteurs en pleurant.
Dans l'équipe, le rapport à Dieu prend diverses formes.
Il va de mon intégrisme athéïste surréaliste,
en passant par la foi dans Bouddha de Patrick, ou les réflexions
post-agnostiques d'Alexandre.
Le travail sera axé sur la tolérance et l'autodérision
de ces diverses obédiences, tous réunis dans le même
espace sacré qu'est le plateau, ou le Dieu Jeu sera honoré
à travers une liturgie comique du plus grand sérieux.
Honorons le Dieu Jeu et aux larmes citoyens.
Charlie Degotte
Dialogue avec Charlie…
Pourquoi ?
Parce que je ne me pose justement pas la question.
Que signifie tout ça ?
Toute l'incommensurable connerie de l'être humain dans sa traduction
tendre de la bêtise.
Un fil conducteur ?
le doute du doute et c'est là que le grand doute m'est apparu!
Sa manière de travailler ?
Généralement, les 9 premiers mois, couché avec plein
de livres. Les 2 mois suivants, avec au moins 5 idées par jour
à faire crucifier par les acteurs sur le plateau.
Les 2 mois qui suivent, à faire le plus beau spectacle du monde.
Les 2 millénaires qui suivent, à sauver le monde. Si, si,
sauver le monde avec un spectacle comique
Nettoyer enfin les séquelles du pèché originel par
le rire!
A quoi s'attendre ?
Si le spectateur ne rit pas au moins une fois de lui, je fais un solo
de danse sur mes genoux.
Conclusion ?
C'est toujours rigolo de penser de temps en temps au Créateur.
Charlie et…
Christian Hecq
J’ai rencontré Christian à l’école (L’Insas
à Bruxelles) au milieu des années 80.
Je venais juste de commencer mon cycle de petits classiques, et nous
Réalisions derechef un Cid de 10 minutes pour les soirées
pluricul et
Multimèdes dont je m’occupais à l’époque.
Ensuite pendant une petite décennie, nous nous sommes retrouvés
régulièrement
Autant que brièvement, entre les allées et venues de Christian
sur les scènes de France (Mesguich,
Bourdet, Besson, Bouglione,...) pour des revues bruxelloises d’artistes
en bonne santé où Christian s’est
posé comme le plus habile présentateur de revue, qu’il
m’ait été donné de rencontrer.
Finalement, c’est vers la fin des années 90 que nous nous
sommes retrouvés plus longuement pour fabriquer
enfin un spectacle à la métrique normale, ce fût Il
n’y a aucun mérite à être quoi que ce soit,
spectacle
inspiré de l’œuvre de Marcel Marïen.
La bande était née.
Anne-Cécile Vandalem
J’ai rencontré Anne-Cécile lors de la revue panique
au Poche-Première, revue que je réalisais avec des
jeunes comédiens fraîchement sortis des écoles supérieures
de Théâtre. Je n’ai absolument rien compris
à cette comédienne, alors je lui ai demandé de faire
Popée, dans l’adaptation que nous en avons fait
pour le Kunstenfestivaldesarts - Je n’ai pas plus compris par où
le jeu passait.
Alors je lui ai proposé de faire & Dieu…
Peut-être y comprendrais-je enfin quelque chose.
Jan Hammenecker
J’ai rencontré Jan lors de la seule et unique audition que
j’ai faite de ma vie, en 93.
Depuis nous ne nous sommes que très peu quittés et Jan s’est
positionné comme
L’indispensable mentor des répétitions. Acteur doux
et truculent à la fois,
Sa force de frappe est colossale sur un plateau et sa culture pointue
de l’art
Du slap-stik nous vient tous les jours bien à point.
Il forme avec son ami Simon un fantastique duo comique du nom de Cake&Cake,
Qui n’a rien à envier à Laurel&Hardi, si ce n’est
la pellicule.
La rencontre avec Christian sur une des revues fût explosive et
la suite dans
Il n’y a aucun mérite... ne le fût pas moins.
Jan est devenu le parrain du second fils de Christian et inversément.
Patrick Beckers
J’ai rencontré Patrick en passant au festival off d’Avignon
en 88 où il
Suait un solo comique dans un coûteux fond de garage. Pas besoin
de faire
Un dessin, je suis resté près de lui pendant toute la durée
de cet abattoir
Festival off pour qu’il ne se suicide pas. Ensuite Patrick a pris
part à toutes
Les bêtises que j’ai entreprises depuis 89. Il explosa littéralement
dans
YZZ !YZZ ! tout Shakespeare où son Jules César et sa reine
d’Angleterre font
Encore rirent ceux qui repensent au spectacle.
Ses diverses spiritualités et son élégance surréelle
du verbe le place toujours
En thuriféraire du bon sens pendant nos répétitions.
Patrick partage son temps entre Bouddhisme et théâtre comique,
et le plus
Drôle n’est pas toujours celui qu’on croit.
Eric Drabs
J’ai rencontré Eric sur scène où nous étions
tous deux musiciens du groupe
D’un chanteur d’expression griffue; Claude Semal&Les convoyeurs
(90).
Les liens qui se tissent lors de tournées bien rock&roll nous
fît prononcer un jour :
Cet adage définitif “ convoyeurs un jour, convoyeurs toujours
”.
C’est con, mais il est encore d’application aujourd’hui
avec la plupart des membres du groupe et avec
Eric particulièrement quand il s’agit de musique au théâtre.
Eric ne joue ni du violon, ni de la harpe, mais ça doit bien être
les seuls.
Par contre Eric lit très bien les partitions en clé de nez
rouge.
Johan Daenen
J’ai rencontré Johan, il y a trop longtemps pour penser demander
à qui que ce soit
D’autre de faire mes décors.
Johan a fait 2 conneries dans sa vie : il a commencé de fumer,
Et il a arrêté de fumer. À part ça il cultive
l’art de la bonne dernière blague
Et de la peinture gigantesque.
& Dieu…
dans tout ça… Il doit se demander :
Je n’ai jamais rencontré Charlie Degotte,
Mais qui sait ?
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