| Jean-Luc
Lagarce Derniers remords avant l’oubli mise en scène du collectif DRAO Présentation : NOTE D’INTENTION Pierre, Paul et Hélène se sont aimés, il y a vingt ans. Paul et Hélène sont partis ensemble dans un premier temps puis se sont mariés, chacun de leur côté. Pierre est resté seul dans la maison qu’ils ont partagés et qu’aujourd’hui Hélène veut vendre. Mais l’argent n’est qu’un prétexte ; un dimanche dans cette maison de campagne, on assiste aux retrouvailles du trio qui se disputent les dépouilles de l’amour avant l’oubli définitif. L’écriture de Lagarce est une matière vive. Acérée, ponctuée presque diaboliquement, sans psychologie apparente, la parole donne naissance à l’état, aux corps nourris de symptômes. Chacun va au bout du jaillissement de sa pensée et sans conscience. Revenir sur les traces du passé pour dire enfin, ne pas y parvenir et se quitter vraiment. Les scènes sont ponctuées d’ellipses dans lesquelles l’imaginaire peut s’engager, un imaginaire au service de la nostalgie ou du fantasme : donner vie à un passé vieux de vingt ans ou à un présent rêvé par les personnages, et si cela se passait plutôt comme ça? C’est le lieu qui crée la situation. La maison de campagne, si chère à Tchekhov et récurrente dans le théâtre de Lagarce, remplie son rôle émotionnel. Le concret du lieu rend leur tragi-comédie toute proche de nous et l’on pense aussi aux personnages de Cassavetes, ces visages tourmentés au bord du rire mais les joues sillonnées de larmes dans l’embrasure d’une porte ou derrière une fenêtre. Pour donner vie à tant d’intimité, à tant
de virulence, nous avons voulu surdimentionner les effets de réel,
englober le spectateur: l’inviter à la maison. Donner à
voir le moindre battement de cils... Lorsque les six acteurs du collectif DRAO se sont rassemblés,
l’idée première était de se confronter à
la responsabilité d’une mise en scène collective,
mettre à l’unisson six imaginaires au service d’un
moment commun de Théâtre...
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