Gilles Aufray Débordements II - Là où je vais
mise en scène Charlie Windelschmidt

Présentation :



Le débordement

Le thème du débordement est partout infiltré dans le théâtre.
Un débordement, c'est un passage : du dedans au dehors, du plein au vide, du mort au silence.
On arrête pas un débordement.
Celui qui a débordé ne sera plus jamais le même.
La notion de mouvement, de sérénité des gestes, de plénitude des idées imbibe le débordement.

C'est aussi le débordement du théâtre par toutes les disciplines qu'il englobe.
C'est le débordement de la présence du spectateur sur le plateau, comme un matériau de plus.
Une volonté de trop plein d'émotions, de pensées, de poésie.
C'est un endroit de trahison des mots et des objets.

Le débordement c'est aussi la corrida : le dernier lieu où la mort est mise en scène ?
Le théâtre n'a de sens que dans la résistance , que s'il peut tout perdre à tous moments.
L'art ne doit pas s'installer, il est en révolution permanente : c'est le débordement par lui-même.

Le débordement c'est un état d'esprit, c'est ne plus avoir peur.
Il peut être drôle, mystérieux ou tragique, quoiqu'il en soit il est vivant. Mais c'est une vie de hors-la-loi, une vie qui meurt tout le temps.

Le débordement théâtral trouve, retrouve sa place à côté du texte, autour.
C'est l'arborescence du texte.
C'est une œuvre non exhaustive.
C'est une œuvre autonome.




Le spectacle
"comme on fait des rêves..."


Débordements II - Là où je vais de Gilles Aufray fait suite à Débordement I - Tombeau Chinois de Roland Fichet, et sera suivi d'une troisième mise en scène. Une expérience qui développe un théâtre à deux respirations : alternance de séquences parlées et de séquences purement visuelles.
Ces dernières expérimentent les techniques du masque, de la marionnette, d'un théâtre d'objets, manipulation de corps et de matériaux, fabrication d'images théâtrales en marche et propositions de dispositifs scèniques incluant pour spectateurs curieux.

Ce deuxième débordement cherche une aventure nouvelle pour le spectateur : il est témoin et non consommateur. Rechercher des voies pour un théâtre total, un art de l'union spectaculaire entre public et acteurs, un art du sens, où le pré-penser (télévisuel) n'a plus sa place. Penser devient un choix, puis un plaisir : imaginer.

A côté des acteurs évoluent deux figures muettes.
La première semble être un technicien. Il peut manipuler à loisir tous les objets qui cadrent l'acteur : projecteurs, rideaux, micros, perches… Il est diapason théâtral : Il agit dans le temps réaliste du spectateur.
La seconde est une plasticienne qui intervient en direct sur le corps des acteurs ou sur des matériaux. Elle peut peindre, se mettre en scène, habiller les corps, fabriquer des objets… Elle est le destin, le hasard, la mort, le metteur en scène, elle manipule, elle provoque, elle empêche.

Débordements II échafaude le point de vue subjectif d'un homme - personnage de Lligès - sur le monde. Six comédiens et une plasticienne incarnent tour à tour cette figure de l'homme moderne. Nous partageons sept tranches de sa vie : ce qu'il a vécu, ce qu'il a rêvé. Les électrochocs de notre époque le font vibrer, son salut est dans son débordement.

Il s'agit d'un regard intime et philosophique de ce héros du quotidien, ainsi que de sa révolte : son débordement est actif.
Il avance pour trouver des solutions dérisoires mais salvatrices.

Le dispositif scènique a la vocation de concerner les spectateurs autant que les acteurs. Il ne cherche en aucun cas la convention des coulisses, le tour de magie, l'illusion du plateau à l'Italienne : ce n'est pas un décor.
Tout est à vue dans un souci d'anti-naturalisme, afin de faire du théâtre comme on fait des rêves : un rêve est un agencement de signes, d'ambiances, de gens, de lieux, de sons, de sensations, etc… sans lien logique, mais toujours dans un rapport émotionnel avec le rêveur.
Chacun découvrira ses rêves.












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