Joris Lacoste Comment celà est-il arrivé ?
mise en scène de Hubert Colas

Présentation :


Je voulais écrire un texte qui soit de théâtre par la seule force de son mouvement, de sa pulsation, de son souffle : creuser dans la matière, travailler dans la langue morte, se rapprocher du corps, chercher le cri, faire le geste et dire le mot. Rien d'autre qu'un homme qui parle, donc, qui court après sa parole et son histoire brisée en petits morceaux : fragments de ville hostile et visions d'une communauté perdue, multiplication des noms propres et métamorphose des désirs, " tentative de récupération de soi-même ". Comme invoquant une mythologie intime qui se dérobe sans cesse sous ses pieds. Comme cherchant dans la parole un salut impossible. Car au bout du compte il n'y a rien - il n'y a pas de " Sens ", il n'y a pas de " Sujet ". Un adieu à l'adolescence, en somme, dans un dernier tourbillon trépidant.

Joris Lacoste




Si on ne pouvait ne plus rien dire et si on le disait quand même.

Un corps jeune et vieux alternativement. Un corps qui se dit, qui se rappelle.
Avec ce corps qu'il a, qui voudrait bien ne plus rien dire et qui pourtant inlassablement se dit, se parle. Le temps d'une nuit. Ce besoin de parler d'espérer que la mémoire se rapproche du souvenir dont il ne se souvient plus exactement : ce qui à un moment l'a arrêté tout net. Et qui lui demande de parler. De se dire soi-même pour soi-même. Les autres là ou pas autour ou pas, écoutent, se concernent du souvenir, tentent l'histoire avec lui. Reconstituent les gestes, la vigueur du geste qui l'a mené, lui, à vouloir se dire. Les éléments se rassemblent, s'approchent de ce qui est arrivé. Éclatement photographique d'une vie de jeune homme qui n'en est plus là.
À quoi se résume le bonheur si c'est de bonheur que le souvenir perdu creuse le corps à vouloir exprimer ?

Hubert Colas







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