Michel
Jacquelin La Chambre du Professeur Sewdenborg
mise en scène de l'auteur et
de Odile Darbelley
Présentation :
Fondation Professeur Swedenborg
pour l’Art Contemporain
Sous cette appellation énigmatique se cachent deux artistes : Michel
Jacquelin et Odile Darbelley. La Fondation est
une sorte de laboratoire où se mettent en place
des constellations de références (littéraires, plastiques,
scientifiques), d’objets (performants), de photographies (la passion
de Michel Jacquelin) et de personnages (plus ou moins inspirés
d’une réalité) qui tissent, de concert, une fiction.
Cette fiction est présentée ici dans deux de ces versions,
abordant le courant surréaliste (Vvert Célacon) et la science
de l’image (la Chambre du Professeur Swedenborg).
Les Auteurs
Odile Darbelley et Michel Jacquelin
collaborent depuis leurs travaux communs sur le lien théâtre/
photographie dans le cadre de la revue Théâtre/ Public. Parallèlement,
ils ont élaboré de nombreuses performances et expérimentations
basées sur l’image photographique et la vidéo. On
retrouve cette préoccupation du visible et de l’invisible
dans leurs créations. Odile Darbelley a une formation de comédienne,
Michel Jacquelin est titulaire d’une thèse en Arts Plastiques
traitant de la photographie.
L’Histoire
L’Artiste (Celui qui n’a pas encore de Nom) vit dans la
reconstitution de la Chambre de Photographie Pliante du professeur Swedenborg,
scientifique mystique qui chercha tout au long de sa carrière à
fixer sur la pellicule (photographique) ce que l’on ne voit pas
(les traces laissées dans l’air par le mouvement des corps
morts et vivants, par exemple). Assisté de la servante dévouée
corps et âme de feu-le Professeur, l’Artiste conte l’histoire
du Professeur, son amitié avec Duchamp Duchamp, et s’efforce
de reproduire ses expériences. Tout le monde veut participer à
la démonstration : les morts, les invisibles et même les
objets… Entre irrationnel et illusion, la Fondation a à cœur
de renverser nos convictions sur ce qui est et n’est pas, de nous
surprendre, avec humour et finesse.
La Chambre Folding (chambre de photographie pliante) est une reconstitution
du laboratoire atypique du Professeur Swedenborg. La Chambre, parallélépipède
de 6m*6m*3m, contient l’héritage scientifique de
ce mystérieux chercheur. Une fenêtre, deux portes, un lit,
une armoire, divers objets et photographies constituent le mobilier.
La Chambre est gardée par un étudiant boursier de la Fondation:
le jour il garde le living ready-made et le soir la Chambre, qu’il
fait visiter. Le public est donc invité à y prendre place
; le public joue donc ici son propre rôle d’une certaine manière,
en étant intégré pleinement à l’aire
de jeu.
L’étudiant n’est seul qu’en apparence : d’autres
habitants de la Chambre font bientôt des apparitions. Il y a tout
d’abord Hanna Huri, la servante lapone sourde et muette qui ne s’en
exprime pas moins par une curieuse activité gestuelle et corporelle
(elle semble commander aux objets). Il y a aussi Marcello Trimoli, essayeur
d’œil de verre de son état, convaincu que son chien
Astor vient du miroir ; on connaît l’histoire de Marcello
à travers les photos prises par son chien et un enregistrement
de l’interview de son fils Amadeo par Swedenborg. Il y a aussi un
Troisième Homme, qui rôde autour de la Chambre. Et bien sûr
il y a Swedenborg, scientifique suédois émigré à
Vienne. Il partagea son temps entre l’observation astronomique (
il découvre et observe les hapax, phénomènes lumineux
qui ne se produisent qu’une fois et que seule la photographie peut
capter) et l’étude des images laissées dans l’espace
par les corps vivants ou morts. Après avoir réalisé
sa Grande Expérience, il disparut mystérieusement et est
considéré comme mort.
L’Artiste réitère les expériences les plus
audacieuses : hypnose, foudre, effets secondaires du flash photographique.
Ajoutez à cela la participation des objets et des photographies,
tous performants, qui servent de lien entre ce qui est ici et ce qui est
ailleurs.
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