Visage de feu marque l'irruption d'une nouvelle génération de créateurs dans le théâtre allemand. Depuis les années 80, les jeunes dramaturges n'ont pas accès aux grands théâtres. Botho Strauss, Peter Handke ou Thomas Bernhardt à l'ouest, Christoph Hein,Heiner Müller à l'est, occupent la place. Les premiers rénovateurs, Thomas Jonigk , Werner Frisch ou Werner Schwab arrivent trop tôt et se trouvent relégués dans des petites salles d'essai .
En 1996, Thomas Ostermeier prend la direction de la Barake et en fait un lieu de recherche pour de nouvelles écritures. Il signe des mises en scène abruptes d'auteurs britanniques comme Enda Walsh et Mark Ravenhill.
En 1998, Marius von Mayenburg écrit Visage de feu pour son diplôme de l'Ecole des Beaux Arts de Berlin.
En 1999, Thomas Ostermeier l'engage pour deux ans comme auteur maison et traducteur (il a traduit Manque de Sarah Kane) à la Schaübuhne où il vient d'être nommé. Lui et d'autres
jeunes auteurs comme Roland Schimmelpfennig ou Falk Richter.
Une génération d'auteurs d'après 89, d'après la chute du mur qui, contrairement à ses prédecesseurs, ne se coltine pas à un ennemi nommé, est "fille d'une pensée unique autrement plus difficile à cerner et donc à combattre : celle du libéralisme triomphant."1 Une génération imprégnée des échecs et des compromissions de la génération précédente qui, "à travers une écriture subjective tente de décortiquer les données d'un monde où le vrai est de plus en plus difficile à distinguer du faux."
Laurent Mulheisen in Alternatives théâtrales N°61