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Présentation

Dominique rencontre Marco ou Marco rencontre Dominique. Elle a 52 ans, il en a 28. Elle a déjà une vie bien remplie derrière elle, avec des doutes et des douleurs… Il est marié, mais si peu, s’amuse de la vie, passe son temps avec ses copains et tourne tout en ridicule…Ils n’ont aucun point commun ou, alors, beaucoup trop, pour une rencontre «improbable»… Nous sommes avant, pendant et après cette rencontre mais ici et maintenant au milieu de nulle part. Entre les certitudes de Dominique et le seul souci du bonheur présent de Marco, cet « improbable » se joue et se rejoue, avec humour et tendresse, entre l’attaque et l’esquive, entre la fougue et la distance, à un point tel que seuls les avis tranchés de leur entourage semblent rendre cette relation réelle, aussi impensable et indispensable que toutes les autres.

Le principe de la pièce est ludique, il s'agit d'une rencontre amoureuse, une rencontre impossible (aux regards des 'autres') vu leur différence d'âge. On vit leur rencontre mais on participe aussi à toutes les conversations que l'un et l'autre ont à ce sujet avec d’autres personnages. Les deux comédiens incarnent à tour de rôle les autres protagonistes de l’histoire.

Après Destin (joué au Théâtre du Méridien la saison passée), Fabrice Gardin poursuit son analyse des rapports humains tout en s’amusant des petites choses de la vie quotidienne.


Quelques mots avec Claude Enuset

Le thème
Au-delà de la rencontre d’une femme de 50 ans et d’un homme de 30, la pièce aborde les thèmes entremêlés de l’unicité de chaque rencontre, de la surprise de l’amour, de l’utopie amoureuse, des éternelles contradictions et tourments que la passion entraîne.
Une rencontre (comme une autre), sous des airs légers (un marivaudage), observe cet art si humain de l’auto-sabotage, de l’éternelle insatisfaction sentimentale, de l’impossibilité à gérer ses sentiments et ses pulsions, de refuser parfois la simple évidence d’un élan et de la difficulté à préserver la magie d’une rencontre. Car si les personnages subissent le tir groupé et accusateur de leur entourage respectif, ils se créent des embûches imaginaires, se complaisent dans une paranoïa faisant d’eux-mêmes le premier obstacle à vivre pleinement cette relation.
En fait, la question qui anime ces êtres est la suivante : la rencontre est-elle exceptionnelle ou est-elle comme une autre ? Au fond, qu’est-ce qui, dans nos vies, est extraordinaire, banal, important, futile, prévisible, imprévu ?

Le rapport auteur/metteur en scène
Je suis passionné par les écritures contemporaines. Monter une pièce qui n’a encore jamais été jouée, c’est encore plus excitant car personne n’a entendu cette histoire, personne n’a vu vibrer ces personnages. Dans le cas présent, je suis en contact avec l’auteur. Je connais Fabrice depuis dix ans, on a partagé beaucoup d’aventures théâtrales, il a suscité des projets pour moi aux Galeries, j’ai fait une lecture au Parc de sa première pièce, il a souvent fait des photos de mes créations et j’ai souvent été un de ses premiers lecteurs. Personne aussi bien que lui ne connaît mon travail. Il voit tout ce que je monte. Dans le cas de « Une rencontre ... », j’ai assisté à la naissance du texte, à son évolution, à sa réécriture. C’est donc très stimulant, même si ça m’angoisse encore plus. S’il n’aime pas ce que j’en fais, voudra-t-il encore jouer au badminton avec moi ?

La mise en scène
Comme pour toutes les écritures, je cherche ici à aller au plus simple, à ne pas encombrer le propos. Pour que chaque spectateur se retrouve dans cette histoire, il faut qu’il se projette et pour cela, rien de tel que la sobriété la plus exemplaire sur le plateau.
Il m’a semblé que ces personnages et les sentiments qui les traversent devaient être « mis en lumière ». J’ai donc abandonné les projets de décors sur lesquels je réfléchissais. Je veux que toute l’attention soit focalisée sur le visage et le corps de l’acteur. Les deux corps, ici, doivent être cernés de lumières, ils sont dans un rêve d’amour, certes difficile à assumer, mais dans un rêve quand même. La pièce se déroule dans un lieu indéfini, une temporalité déconstruite. J’ai donc envie que cette lumière soit l’élément qui soutient les acteurs. Cette lumière doit être apparente, les projecteurs et les structures qui les portent deviendront le décor unique de ce spectacle. Coup de projecteur sur de l’intime, en quelque sorte.

Les comédiens
En ce qui concerne le choix des comédiens, il est apparu comme évident. Je cherchais un projet avec Daniela Bisconti. Daniela avait lu la pièce de Fabrice. Celui-ci a donc eu l’idée de nous réunir. Puis Fabrizio Rongione est arrivé. L’association de Daniela et Fabrizio crève les yeux depuis la première lecture. Ils ont le charme, la fougue et la part d’ombre qu’il faut à ces personnages.

Texte construit d’après une interview avec Florence Berghenouse, stagiaire FNDP