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Présentation

SYNOPSIS

Placées en garde à vue dans une anonyme cellule
de commissariat, Diane et Isabelle sont contraintes
de passer une nuit ensemble, avant de connaître le sort
qui les attend.

Elles sont jeunes, tourmentées par l’équilibre instable
qui sépare l’adolescence de l’âge adulte.

Dans ce huis clos au silence percé par la voix peu amène
des gardiennes, il faudra apprendre à écouter l’autre,
à livrer les secrets qui étouffent,
à s’oxygéner dans des confidences peu reluisantes
pour que s’épanouissent les richesses que chacune porte en elle.


Une nuit au poste, c’est d’abord un face à face entre deux solitudes.

Le manque d’amour constitue le point de ralliement de deux jeunes femmes, Diane et Isabelle. Le lieu : une banale cellule de commissariat. Le temps : une nuit de garde à vue. L’enjeu : l’avenir. La quête : leur identité. Le chemin pour y arriver : des cris, des peurs, des larmes, puis des mots, des sourires, des secrets, des promesses…

Suffirait-il de dialoguer, d’écouter l’autre, de se livrer totalement pour reprendre goût à la vie, et redonner de la lumière à sa solitude ? Dans l’urgence d’une issue devenue vitale, le destin vous pousse parfois à miser sur l’inconnu, à tomber le masque, pour peut-être y trouver son propre miroir et faire d’une rencontre improbable un événement positif et déterminant.

Au plus près de l’être, dans l’instant
Mettre en scène cette rencontre, c’est surtout aller à la recherche d’une vérité de ton. La valeur dramaturgique du texte passe par des mots simples, vifs, un langage « parlé » que les comédiennes doivent s’attribuer avec le plus grand naturel. Elles sont dans l’incarnation la plus réelle de leurs personnages. Elles doivent gommer toute trace de convention scènique, atteindre au plus près la vérité, afin de laisser surgir la puissance des émotions.

Le travail de direction se construit dans le concret d’une situation, dans la sensation du moment présent, dans la soudaineté d’un geste ou d’un regard. Une succession d’instants volés qui donne vie à un spectacle rythmé par l’inattendu. Et qui raconte une histoire. La solitude, la pression de l’enfermement, le besoin de marquer son territoire, la prise en compte de l’autre, la pudeur de la proximité, la curiosité, les premières questions, les confrontations, parfois jusqu’au rapport de force, le rapport avec l’extérieur – les gardiennes –, les douleurs enfouies, l’expression de sa quête d’identité, le rapprochement, les confidences, la soif de communication… chaque étape de la relation doit être vécue dans la sensibilité la plus juste de l’instant. Avec un sentiment d’urgence qui ne se dément jamais, et qui donne à cette tranche de vie à fleur de peau toute la force de la simple humanité.

Une cellule, deux blocs : trois espaces
L’action se déroule dans une cellule de garde à vue, le décor est sommaire. Deux blocs de béton se font face, des matelas crasseux les recouvrent. Un épais vitrage en guise de lucarne suggère un extérieur inaccessible. Si les murs de la cellule ne bougent pas, les deux blocs sont des espaces à part entière. Au début, les personnages se les accaparent, et en font un endroit propre à elles. Comme deux bêtes égarées qui se protègent chacune de leur côté. Quand elles le quittent pour occuper la zone mixte, cette protection explose en agressivité. Puis soudain, la zone mixte reprend vie, elle devient le théâtre des mains tendues. Et peu à peu, de territoires interdits, les deux blocs se transforment à leur tour en lieux d’échange et de rapprochement, où les personnages vont et viennent à leur guise. La vie et le mouvement refont surface, et la cellule, cet endroit fermé et froid, devient pour les deux jeunes femmes un espace de liberté.

Une lumière réaliste
La lumière passant dans la lucarne indique le temps qui passe : la garde à vue commence dans le bleuté froid d’un début de soirée. Puis au plus profond de la nuit, la cellule devient sombre, pour finir dans l’orange du jour qui se lève. Elle reste en permanence éclairée, même entre les séquences. Dans son ensemble, la lumière est froide et directe, pour éclairer la cellule de manière réaliste, accentuant le côté nu et sordide du lieu. Le travail de Cyril Hames accompagne l’évolution des deux jeunes femmes, et de leur relation. Les effets soulignent discrètement les temps de tension ou d’émotions : un repos, un rêve, une danse, un trouble… et donnent au spectacle une coloration toute en nuance.

Une musique en écho
Faisant pont entre les scènes, un seul instrument accompagne la solitude des deux jeunes femmes : une guitare électrique. Une ambiance rock qui correspond à la noirceur de la cellule. La composition de Jean-Christophe Dollé épouse les contours du spectacle, et alterne séquences froides et chaudes. Elle est faite de notes tendues, violentes ou sanglotantes, et va au fil de l’histoire vers des notes plus apaisées. Les ultimes morceaux sont plus doux, laissant augurer d’un espoir enfin atteint.

Julien ALLARY et Eric ROUQUETTE