La première image fut celle d'une route de campagne, une nuit d'été.
La première action fut celle d'une voiture renversée, juste après un accident, au moment du silence et des fumées.
Et pour animer cette image-action, des corps d'une jeunesse de province qui se débattent. Luttent contre l'ennui, les fantômes, les destins tracés. Des corps en guerre, mais d'une guerre privée. Avec des visages tremblants, et joyeux, et disparaissant dans la nuit.
Pour les images et les actions d'après, je fais confiance à Robert Cantarella et à sa troupe de jeunes comédiens. J'ai essayé de leur construire une histoire, des épisodes, des chemins. J'ai cru au récit que je leur demande de porter. Contraignant ma langue à moins de ruses, moins de manières. J'ai cru dans l'écriture d'une pièce où le réel serait à profaner.
Christophe Honoré
février 2012