“Il ne faut pas laisser les hommes libres prendre trop de libertés.”
Trouver son bonheur dans la soumission, son épanouissement dans l’esclavage et quémander le fouet à corps et à cris…Non, il ne s’agit pas d’Histoire d’O, mais d’un
avatar méconnu de l’inébranlable Ubu, prénommé François (comme Rabelais), ancien roi de Pologne et d’Aragon, docteur en pataphysique, comte de Mondragon, comte de Sandomir,
marquis de Saint-Grégeois… Autrement dit : Père Ubu. Après les splendeurs de son règne, le voici enchaîné, traînant ses fers, réclamant les supplices… et exigeant des
pantoufles pour les boulets qu’il a aux pieds. Cornegidouille et chandelle verte, que s’est-il passé ? Tout cela n’est-il qu’un nouveau stratagème ? Et que vient faire
Mère Ubu dans ces galères ? Après les scandales d’Ubu roi et Ubu cocu, Alfred Jarry fomente en 1899 une nouvelle apparition de son héros monstre.
Contrepartie de son épopée royale, sa servitude triomphante s’inscrit dans une même tradition potachique et séditieuse, posant par-delà le grotesque quelques questions fort
dérangeantes. Quelle est la véritable liberté ? Qui détient jamais le pouvoir ? Sur quelles hypocrisies bien senties la société assoit-elle son honorable
fondement ? Plus grand que nature, tour à tour laconique et fort en gueule, Éric Cantona semblait taillé pour la vaste houppelande de Père Ubu. Cantona avec des fers aux
pieds, vous plaisantez ? Assagi, maté, enchané ? Attendons de voir… Car si Père Ubu se refuse désormais à prononcer le mot, qu’on se rassure : on n’est pas pour
autant sortis de la merdre.
Programme de saison 2011-2012 / Athénée Théâtre Louis-Jouvet
Production : Cie des Petites Heures
Coproduction Le Phénix, Le Quartz, Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, Théâtre de l'Archipel, Théâtre du Gymnase, Théâtre Liberté, Théâtre Royal de Namur
© Pascal Victor