« Juste la fin du monde »#1 et « Retour à la citadelle »#3 sont les deux pièces de Jean-Luc Lagarce qui à elles seules regroupent la
quasi-totalité des sujets récurrents dans l’oeuvre de l’auteur. Les trois sujets principaux en sont, la famille, le pouvoir et la disparition (l’absence ou la mort).
Dans « Trois Récits »#2 , c’est bien de disparition qu’il est question essentiellement. Ce qui m’intéresse ici, au-delà du sujet déjà abordé dans les
deux créations précédentes, c’est la forme même du texte, non dramatique.
* Récit : Solo vocal ou instrumental.
* Partie qui exécute le sujet principal dans une symphonie.
J’ai donc envie de prendre le titre de ce recueil au pied de la lettre.
Il s’agit de travailler sur la théâtralité de cette parole, et non «théâtralement».
Le cheminement de la pensée, avec ses imprévus, ses pauses, ses incidences, ses rythmes variés, fait de «Trois récits»#2 un texte à dire, à entendre.
Il y a de la délicatesse dans cette perception décuplée de soi et des autres, dans ce regard sur l’amour et la peur.
La peur de la perte des autres, de soi.
C’est cette fragilité et cette pureté qui guideront le premier travail de chaque acteur.
Un récit, un acteur, un élément de décor, pour citer Jean-Luc Lagarce :
* « Dire pour le monde, devant témoin. »
Jean-Charles Mouveaux