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Massera, Minyana, Cadiot : si le nouveau spectacle d'Isabelle Luccioni se déploie à travers la langue de ces trois auteurs, il trouve son souffle secret dans la langue de Novarina et sa haine de cette communication : " qui parle toute seule... qui veut tout dire, tout vider..." A ce vide de la communication, cette prolifération jargonante qui envahit le quotidien, aseptise le langage, efface l'homme, la metteuse en scène oppose l'ironie mordante, la cruauté visionnaire des poètes. Une sarabande des mots, de sons, de couleurs, de danses. "Un cabaret dérisoire, une revue de haute voltige, avec fumée, roue de la fortune, lever de rideau sur le rien, endroit précaire de notre humanité, ce qui nous échoit en partage."
Comédienne et metteur en scène, Isabelle Luccioni a monté des textes de Hrabal, Beckett, Bernhard ou Sarraute, concentrant ses travaux autour de la place de l'acteur et de son rapport à la langue. "Au train où vont les choses, mes petits-enfants vous semblent-ils destinés à rejoindre ceux qui peuvent raisonnablement espérer avoir un solde créditeur de 2659, 77 euros après avoir réécouté les informations concernant les dernières opérations portées sur votre compte en appuyant sur la touche étoile, à coucher sous les ponts, ou bien à trouver une voie qui leur soit propre?" in United Emmerdements of Coût de la Main d'OEuvre

Philippe Ferreira (Création lumières) , Véronique Gély (Création costumes) , Enzo Karamitros (Décors) , Jacques Rossello (Création son) Enzo Karamitros (Accessoires), Bruno Wagner (Scénographie video)