theatre-contemporain.net, tout le theatre sur le net

 
vous êtes ici : Accueil Spectacles Tout. En une nuit En savoir plus
 
 

Lumière

L’enjeu de la lumière et de ses évolutions sera de faire cohabiter deux types d’espaces : l’espace visible, concret et l’espace personnel, où se mêlent mémoire et imaginaire.
Sur Dieu est un DJ, il s’agissait de reproduire les ambiances changeantes et réinventés de ce couple qui décide du rythme, des « cut » et des passages de leur réalité à l’émission de leur vie. Ici, la comédienne n’a pas la même maîtrise des bascules de lumière, mais celles-ci interviendront cependant dans certaines circonstances.
L’éclairage a ici une double vocation. D’une part, il suggère un espace apparent, un cadre à la fois impersonnel et relativement clos, notamment dans les deux premiers tableaux. D’autre part, il introduit de manière évolutive des motifs lumineux, ces éléments personnels et intimes qui interviennent dans la pièce de manière récurrente. Le malaise fera donc une intrusion progressive sous forme d’intervention de codes lumières personnels.
Un jeu d’interférences, de correspondances, voire d’incohérences avec d’autres éléments tels que le texte, le jeu de la comédienne, le son, la scénographie, donnera force à certaines émotions.

Les moyens utilisés pour mettre en place ces différentes idées seront divers.
Au cours du premier tableau, nous souhaitons mettre en place un système d’ombres projetées à partir d’objets déplacés par le personnage. Ce système sera le reflet ou non d’une identité par procuration, de son interlocuteur multiple…
Par ailleurs, on accentuera ou atténuera subjectivement certains éléments de l’éclairage Enfin, pour trancher avec l’éclairage directionnel, l’occurrence d’une lumière réflective permettrait de réfléchir sur le visage certaines lueurs chaudes et apaisantes, légèrement mouvantes

Les premières idées correspondant à chaque ambiance sont les suivantes :

Dans le premier tableau, la chambre d’hôtel, pour représenter l’idée de cette femme qui cherche ses repères et oscille entre souvenirs réels ou imaginés, je souhaite donner à cet espace (et aux suivant) une impression filmique. Il s’agit donc de travailler la « photographie » de cet espace, sa composition, sa profondeur, sa texture (son « grain »). Pour cela, je prévoit d’emprunter certaines méthodes d’éclairage du cinéma ( à l’aide de caches, d’ombres projetées et de forts contrastes ) pour transformer cette scène en un plan séquence de film noir quasi-expressionniste. Je souhaite trouver un moyen d’y introduire la présence de la ville et de ses lumières (ville en feu : « Mer de flammes ») éventuellement par une fenêtre

Dans le deuxième tableau, intitulé « taxi », je souhaite installer la promiscuité d’un espace confiné, la sensation de l’espace parcouru, l’intrusion des sources de la ville, brèves violentes, cycliques. A l’intérieur, la lumière est dense, colorée, saturée, d’une apparence réconfortante, bercée par le rythme de la route.Autour, tout n’est qu’obscurité et éclairs de lumière urbaine, que mouvement et folles accélérations.

Dans le dernier tableau, « grisaille matinale », la femme échoue dans un espace indéfini, perdu entre sa souffrance et son imagination. La violence d’un phare de voiture dans le noir efface toute temporalité à cette séquence et nous plonge dans un no man’s land cru et torturé. Peut-être une lumière diffuse du matin se lèvera-t-elle sur la fin de ce tableau, pour en révéler la réalité.

Mathieu Cretté