Je ne suis pas homme de théâtre. Et je n’ai pas plus de droit sur la lecture que n’importe quel autre lecteur, puisque l’œuvre n’est jamais réductible à l‘intention qui prétend la
fonder. Cela dit, il y a dans ce petit livre une proposition simple mais universelle : l’oppression contre la naissance à soi-même, la violence symbolique exercée par des
formes de pouvoir, ici, la tradition et l’ordre. Et cette oppression s’exerce fortement sur les femmes et le corps féminin. Et face à l’oppression, la révolte qui ne sait pas son
nom, la rupture qui rend méconnaissable. Aux autres. A soi-même. En allant vers un autre soi-même.
Il me semble que l’adaptation proposée par Pascale Henry rend au mieux cette proposition du livre et parvient justement à donner corps à ce qui n’était que voix. La Thérèse-enfant
restitue l’ancienneté de la révolte tue. Je confesse que le texte de l’adaptation et la proposition générale me plaisent. Il y a eu d’autres propositions d’adaptation de Thérèse.
Il me semblait que ces propositions étaient plus un accompagnement du livre par la voix que du théâtre. La Thérèse de Pascale Henry me semble avoir tous les éléments, sans pour
autant travestir le roman, pour faire une œuvre théâtrale.
Lyonel Trouillot
2006-11-01 00:00:00