Oskar Gómez Mata pose à la porte de son spectacle un étrange petit panneau d'absence: suis à la messe, reviens de suite. Et voilà la métaphysique convoquée: on parlera ici de l'âme. Celle des hommes, mais aussi celle des objets. Au principe de la soirée, l'animisme et tout le tremblement. Rien de religieusement compassé pourtant puisque la compagnie l'Alakran questionne autant nos mythes ou idées reçues qu'elle prête à rire. On pourrait dire que ce théâtre divague et extravague pour nous conduire à une dépossession de soi. Et qu'il utilise l'humour pour nous amener à passer un nouveau pacte avec le plateau. Momentanément. Le temps de se demander, par exemple: est-ce qu'à force de vouloir garder la face, on finit par perdre son âme?
Michèle Pralong