Un groupe de spectateurs entre dans le crâne d’un auteur à succès. La grande répétition de leur intimité est régie par les lois mystérieuses de la construction littéraire. La société policière est ici celle du règlement de la narration. L’auteur y traverse le théâtre d’hypothèse en hypothèse ; violemment harcelé au-delà de ses frontières par d’autres personnages errants et candidats à ce jardin d’Eden de la Culture.
Comme celle d'un corps, d'un patient. Jouer les acteurs culturels en situation de réalité et d'extrême urgence. Un crâne d’auteur comme un grand cirque ouvert au public. Des cas théâtraux qui montrent l’impossibilité du personnage féodal à rejoindre sa légende. Dans une clinique tragi-comique l’auteur à succès rencontre ses derniers personnages et dévoile à deux spectatrices les secrets de son écriture. Les images d’Epinal de l'écrivain, et les regards cliniques de son public représentent les spectateurs en décadence. Traversant ce temps mystérieux et implacable, où l’illusion théâtrale et la mort opposent le vertige de disparaître, à celui d’être plus vivant encore.
Ce triptyque interroge la place du théâtre civique aujourd’hui. Elle procède du croisement de plusieurs époques, de plusieurs formes d’exclamation en un seul lieu : le plateau de théâtre et son imaginaire collectif.