Sédimentation des Bourrasques est la zone d’un combat : la parole humaine dressée en contre-feu des bourrasques fanatiques et religieuses.
Cette prise de position poétique prend racine dans le souffle et l’esprit, issus tous deux d’une origine étymologique commune (anima). Notre parole est assujettie aux
vents du monde et indexée sur l’échelle de mesure dite de Beaufort.
Nous travaillons sur un engagement total du corps poétique, la lumière et l’obscurité, le silence et le fracas.
L’obscurité de Sédimentation des Bourrasques souligne la triste nécessité contemporaine à ce qu’une parole poétique prenne sa liberté dans la cachette et la protection
des polices à l’image des écrivains menacés par les « fatwas » de toutes confessions qui tombent en pluie battante, Salman R. ou Taslima N., écrivains médiatisés
ou non, vivants, enfermés ou assassinés déjà.
L’obscurité de Sédimentation des Bourrasques provoque le son de la bouche, le hurlement de la parole, l’agitation des viandes, le fracas des langues, la nudité des
corps.
L’obscurité de Sédimentation des Bourrasques planque littéralement les Souffleurs.
L’obscurité de Sédimentation des Bourrasques est une métaphore de l’ambivalence des espaces diplomatiques de nos démocraties qui oscillent constamment entre le
pragmatisme géopolitique et la défense des valeurs fondées sur la déclaration des droits de l’homme.
La lumière de Sédimentation des Bourrasques active le silence et la méditation profane.
La lumière de Sédimentation des Bourrasques dévoile le geste des Souffleurs et sa tentative de ralentissement du monde.
La lumière de Sédimentation des Bourrasques est une déclaration d’attachement viscéral aux lumières.
La lumière de Sédimentation des Bourrasques est un hommage à la liberté luxueuse mais vouée au silence prudent.